mercredi, 08 novembre 2017 07:24

Interview de Koffi Efanam ADADJI, DG de l’ANGE : « Nous sommes satisfaits de 2ème édition de la QEDD »

©Afreepress-(Lomé, le 08 Nov. 2017)- La deuxième édition de la Quinzaine de l’Environnement et du Développement Durable (QEDD édition 2017) s’est déroulée du 16 au 30 octobre 2017 sur toute l’étendue du territoire national. Cette initiative « innovante » et « porteuse d’espoir » organisée par l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) et qui avait pour objectif de « contribuer à la promotion d’une culture environnementale citoyenne dans une perspective de développement durable » au Togo, s’est achevée sur une note de « satisfaction », disent les organisateurs.  

Dans une interview accordée à l’Agence de presse Afreepress, le Directeur Général de l’ANGE-Togo, Koffi Efanam ADADJI revient sur le bilan et les perspectives de cette « grande » campagne de sensibilisation de 14 jours sur les changements climatiques.   

Lire l’interview.

Afreepress : Quelle est la mission principale de l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) ?

ADADJI : D'abrd je voudrais vous remercier pour l'occasion que vous nous donnez de revenir sur le bilan de la Quinzaine. L'Agence Nationale de Gestion de l'Environnement a pour principale mission de veiller à l'intégration de l'environnement dans les actions, les politiques, les projets et programmes du gouvernement. Et c’est ce qui conduit l'agence à mettre en œuvre et à promouvoir le système national des dégradations environnementales et aussi à gérer le système d’information environnementale. Au-delà de cela, nous assumons aussi la stratégie nationale de mise en œuvre de l'INCE et c'est dans ce cadre que cette édition de la Quinzaine de l'environnement et du développement durable, a été instituée par l'État. Voilà ce que nous faisons principalement.

Afreepress : Depuis 2016 l’ANGE a lancé la Quinzaine de l’Environnement et du Développement Durable (QEDD) qui est à sa deuxième édition cette année. En quoi réside le bien-fondé d’une telle initiative ?

ADADJI : La « Quinzaine » a d'abord pour objectif de sensibiliser, de communiquer, de former et d'échanger avec les citoyens. Vous pouvez remarquer que chaque année il y a des conventions auxquelles participent l'État et ses représentants. Ces conventions où se prennent de grandes décisions et il faut qu'on les partage avec les citoyens. Il y a aussi des problèmes environnementaux que certains citoyens vivent comme une fatalité et il est bon d’échanger sur ces questions. La Quinzaine nous a permis d'abord de faire connaître nos exploits, de faire connaître aussi tout ce que les citoyens font en matière de préservation de l’environnement et de renforcer la coalition autour de la question de l’environnement.

Afreepress : Vous soutenez que l’organisation de cet événement se justifie par la nécessité de renverser la courbe actuelle du désastre environnemental. Comment se présente cette courbe au Togo ?

ADADJI : L’indicateur perçu en 2010 montre par exemple qu’en matière forestière, il y a un déboisement de quinze mille (15.000) hectares par an contre mille (1000) hectares qui sont plantés. Sur le plan agricole, 65% de la population travaille la terre. Mais 85% des terres connaissent une dégradation forte ou légère. Sur la côte du Togo, il y a une dégradation accentuée ce qui est aussi l’effet des changements climatiques mais aussi des hommes. C’est-à-dire que par les actions entropiques, la côte est menacée et vous avez vu les routes qui sont emportées, les maisons des pêcheurs sont aussi emportées aujourd’hui. Ceux qui sont sur la côte sont gravement menacés.

En matière forestière il y a un plan de reboisement national qui a été initié. Au niveau de la côte, l’Etat a initié un programme qu’a bien voulu financer la Banque Mondiale, la BAD et la BOAD pour mettre des ouvrages de protection sur le littorale. Aussi, sur le plan d’enlèvement des ordures,  vous avez vu tout ce que l’ANASAP fait aussi.

Nous avons conscience que l’Etat a donné des réponses solides et nous entendons que la courbe soit positivement inversée d’ici peu de  temps.

Afreepress : Qu’est-ce qui a motivé le choix du thème de cette deuxième édition ?

ADADJI : La deuxième édition a pour thème : « Le rôle des collectivités locales dans la gestion de l’environnement ». Comme je le disais, une incursion dans les collectivités locales vous fera voir que les problèmes environnementaux se posent avec acuité. Il faut savoir que le gouvernement est actuellement dans une politique de décentralisation et il faut aussi accompagner sur le plan environnemental, ces collectivités à vivre ou à pouvoir affronter ce changement profond. Donc c’est pour cela qu’on a voulu aborder ces échanges avec les collectivités locales pour les préparer à la décentralisation totale et parfaite.

Non seulement à cause de la décentralisation, mais parce qu’elles ont aussi des expériences des méthodes déjà éprouvées que nous allons pouvoir recevoir d’elles pour renforcer et partager avec d’autres citoyens. Les collectivités territoriales ont aussi besoin de connaître des enjeux environnementaux. C’est pour cela que nous avons voulu cette année particulièrement focaliser cette Quinzaine sur les collectivités locales et nous avons partagé avec elles, tout ce que la législation togolaise leur a réservé comme responsabilité. Nous avons abordé avec elles aussi, leurs droits en matière de décentralisation.   

Afreepress : Pour cette deuxième édition, l’ANGE a trouvé un partenaire de taille qui est la communauté universitaire. Quel a été l’apport de cette communauté dans la réalisation des activités cette année ?

ADADJI : En instituant la Quinzaine de l’environnement et du développement durable, le gouvernement a pris soin de le faire en trois composantes. La première composante c’est de faire de cette quinzaine un cadre d’information et de sensibilisation. La deuxième c’est de faire de la quinzaine un forum de développement et de la recherche scientifique. Et la troisième composante est la plateforme de visibilité de toutes les œuvres en matière environnementale.

Cette édition, l’Université s’est impliquée pour assumer cette composante de recherche scientifique. Et nous voulons ici remercier l’Université pour son implication et aussi les étudiants qui ont bien voulu se plier à ce concours et aussi notre partenaire qui est HITECH qui a bien voulu faire une formation de haut niveau aux étudiants et à certains collègues de l’administration pour la maîtrise des outils. Nous avons voulu avoir aussi des informations fiables et pertinentes pour aller à la sensibilisation et à la campagne. Je peux vous dire ici que la recherche a toujours été importante en matière d’environnement. L’apport scientifique est très pertinent en matière d’environnement et c’est justement pour cela qu’il faut impliquer les universités et déjà sur le campus, vous verrez qu’il y a beaucoup de recherches et projets mûrs et déjà prêts à être appliqués. Nous devons quand même utiliser ces informations fiables pour sensibiliser les populations à changer leur conscience. Il faut mettre un pont entre l’administration et les universités comme cela se fait dans d’autres pays. Donc nous avons voulu échanger ces pratiques pour que l’université soit proche ou s’implique davantage dans les relations administratives pour qu’ensemble nous sortons quelque chose de fiable en matière de la gestion  de l’environnement.  

Afreepress : Un Concours Scientifique initié dans le cadre de cette 2eme édition de la QEDD a primé 10 lauréats. Qu’est-ce qui fait la pertinence des projets scientifiques primés ?

ADADJI : S’agissant de ce concours et comme je le disais, c’est l’Université qui s’est appropriée cette composante. Le concours a constitué à demander à ceux qui sont en Master et Doctorat de proposer des projets en matière de développement durable et de l’environnement. Il y a eu un comité d’évaluation autonome composé des universitaires, d’hommes de média et acteurs de la société civile qui a évalué les projets.

Il y avait au total 17 projets et 10 ont été retenus avec les trois premiers qui ont été primés. Le premier a parlé de l’agriculture et des changements climatiques. C’est une question qui préoccupe aujourd’hui la population togolaise qui est à 65% agricole. Donc ce doctorant a pu démontrer qu’on peut quitter l’agriculture extensive pour arriver à l’agriculture intensive par la mécanisation, l’irrigation et l’agriculture arborée. Donc c’est un bon projet qui a été franchement apprécié et nous pensons que nous allons suivre ce projet. Déjà nous  avons fait un pas vers nos partenaires pour que ce projet ne soit pas abandonné.

Le deuxième lauréat a travaillé sur l’utilisation des engrais dans l’agriculture. Vous n’êtes pas sans savoir aujourd’hui que nous pouvons parler au niveau de nos collectivités, de la dégradation de la qualité de l’eau. L’utilisation abusive de l’engrais est aussi l’une des conséquences de cette situation et cet étudiant a bien présenté quelle quantité d’engrais et dans quelles mesures on doit l’utiliser pour que ça soit positif.

Aussi, nous savons que l’utilisation des pesticides est nuisible à la terre et il a bien posé cette problématique dans son projet.

Le troisième projet propose la construction des espaces verts à Lomé. Aujourd’hui il est un peu rare de trouver à Lomé les espaces verts et ce projet propose un plan d’espace vert pour Lomé et je pense que c’est quelque chose qui a beaucoup intéressé. Voilà les trois  projets que nous avons estimé plus pertinents et que nous voulons, avec les partenaires réfléchir sur comment faire pour leur mise en œuvre.

Afreepress : Quelle appréciation faites-vous de cette 2ème édition ?

ADADJI : Je suis satisfait. Satisfait d’abord de l’engouement et de la participation spontanée des medias. Je suis satisfait aussi de l’implication des populations. Nous avons vu qu’on a touché toutes les couches sociales puisqu’il a eu des opérations comme des quartiers propres, des jeux avec les enfants et des émissions sur la TVT sur notre programme. Je peux dire qu’actuellement nous sommes à 80% satisfaits. Il y a eu un contexte sociopolitique qui ne nous avait pas permis de couvrir tout le programme. Mais nous avons quand même échelonné ce programme et nous irons pour terminer ce que nous avons commencé au niveau local et au niveau des chefs-lieux des régions. Nous allons essayer de porter le message et sensibiliser ces populations pour avoisiner les 100% de réussite pour cette édition. Donc c’est une satisfaction, et je tiens à remercier tous ceux qui ont porté un regard positif sur cette édition. Je voudrais renouveler nos remerciements à nos partenaires qui nous ont assisté et appuyé pour pouvoir exécuter ce programme de la quinzaine.

Afreepress : Avez-vous rencontré quelques difficultés ?

ADADJI : Oui. Cette année nous avons été obligés de différer l’édition de juin à octobre. Ce qui a fait que les partenaires n’ont pas pu nous appuyer complètement comme cela s’était fait l’année dernière. Je voudrais saisir de cette occasion pour faire appel à notre gouvernement pour qu’il fasse en sorte que la quinzaine de l’environnement et du développement durable soit une question nationale.

Afreepress: Avez-vous des perspectives pour la troisième édition ?

ADADJI : Pour l’édition trois, nous n’avons pas encore défini le thème. Mais nous volons quand même faire en sorte que pour la troisième édition, la question de l’appropriation du principe de la protection de l’environnement soit effective au niveau des promoteurs et que les décideurs adoptent eux-aussi les principes de protection de l’environnement. Voilà notre projection sur l’édition à venir.

Propos recueillis par Raphaël Aziamadji

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