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mardi, 26 novembre 2019 13:24

Interview d’Atcha-Dedji Affoh, ancien DG de Togocom : « Je n’ai jamais ignoré au cours de ma carrière, qu’un jour arriverait où je passerai la main...»

©AfreePress-(Lomé, le 26 novembre 2019)- Il aura passé 25 ans de sa vie au service de la téléphonie mobile et des télécommunications du Togo. Lui c’est Atcha-Dedji Affoh, le désormais ancien Directeur Général de Togo Cellulaire, puis de TogoCom, une holding d’Etat rachetée récemment par le groupe Agou Holding.

Lundi 25 novembre 2019, M. Atcha-Dedji Affoh, laissait officiellement et solennellement ses charges de Directeur Général de TogoCom, aux mains de Monsieur Paulain Alazard, représentant des nouveaux repreneurs.

Dans un émouvant message, le DG Atcha-Dedji Affoh est revenu longuement sur le bilan obtenu par les sociétés qu’il a eu sous sa charge au cours de tout ce temps. « Sur le plan commercial, TogoCom compte 4,100 millions d’abonnés mobiles, 2,7 millions pour la data et 1,9 million d’utilisateurs de mobile money Du côté filaire, le parc est de 34000 lignes pour la voix, et 17000 pour la data », a-t-il indiqué.

À la fin de la cérémonie, l’Agence de presse AfreePress à tendu son micro au néo-retraité Atcha-Dedji.

Voici en intégralité les propos recueillis de lui.

Bonjour Monsieur Affoh-Atcha Dedji. Vous venez ce matin de passer la main au Consortium Agou Holding à l’issue de la privatisation intervenue il y a quelques semaines de la société Togocom. Dites-nous quels sont les sentiments qui vous animent à la suite de cette passation ?

Affoh Atcha Dedji : Avant toute chose, je rends grâce à Allah, le Très-Haut, le très clément qui m’a permis de réussir toutes les missions importantes qui m’ont été confiées par les autorités togolaises, surtout le Président de la République depuis mon passage à la tête de Togo-cellulaire à partir de 2008 et récemment à la tête cumulativement, de Togo-telecom et de Togo-cellulaire. J’ai dirigé le groupe Togocom de 2018 à nos jours. Je rappelle en passant que je passe la main ce jour au Consortium Agou Holding à la suite d’un processus de privatisation engagé par le gouvernement togolais pour une nouvelle gestion. Dans ce contexte, je voudrais rendre un hommage appuyé au premier de nous tous, le chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé qui a permis que nous soyons au cœur de ce processus du début jusqu’à sa fin. Ce jour pour moi est un jour de joie. Joie parce que cette passation de charges consacre ma retraite au plan professionnel pour ceux qui ne le savent pas. Je suis d’autant plus heureux parce qu’il n’est pas évident d’aller au bout de sa carrière en parfaite santé et surtout, de quitter un poste comme celui que je viens de laisser sans assez de difficultés. Je pars, content aujourd’hui parce que j’ai eu de la joie à diriger cette société et les difficultés ont été moindres. Je pars avec un sentiment de fierté d’autant plus que mon départ n’est pas occasionné par une perte de confiance de la part de mes supérieurs. Je vous dirai donc que je pars tout heureux, parce que je suis d’abord à la retraite, mais aussi et surtout parce que mon pays veut faire une expérience qui permette de faire plus pour le bien de nous tous. Le Plan National de Développement veut construire le Togo autrement. Il veut un développement axé sur le privé, alors nous devons tous nous sentir interpellés pour faire en sorte que cela soit une réussite.

Monsieur Affoh Atcha Dedji, certains de vos agents semblent dire que le traitement de choix dont ils étaient l’objet va connaître une fin avec cette privatisation. Qu’en dites-vous ?

Affoh Atcha Dedji : Vous savez, chacun de nous a toujours craint l’inconnu. Et cela va de soi que le personnel s’interroge. J’ai dit tout à l’heure que nous avons été présents de bout en bout dans le processus de privatisation, y compris Madame la Ministre, notre ministre de tutelle. Y compris le Premier ministre, ainsi que d’autres experts. Vous pensez qu’un père puisse planifier de faire du mal à tous ses enfants ? L’Etat, avec le Chef de l’Etat en tête, est comme ce père de famille qui veille au grain pour le bien-être de sa famille. Nous avons travaillé à ce que rien de malveillant ne soit fait à l’endroit de nos frères et sœurs qui ont travaillé d’arrache-pied pour que et Togo Cellulaire et Togo Telecom, puis Togocom tiennent bon jusqu’à ce jour. Il ne sera pas question qu’ils soient remerciés par le revers de la main. Le Président de la République ainsi que tout le gouvernement, veille à cela. J’ai entendu dire que certains employés se plaignaient et boudent la nouvelle direction. A ceux-là je voudrais dire que tout comme moi, ils sont locataires d’une maison. Si le propriétaire de la maison que tu loues pour ton bien veut orienter autrement sa maison, vas-tu l’empêcher de le faire, surtout s’il le fait pour une meilleure rentabilité ? Je pense que non. La privatisation avant tout vise à engager les conditions d’une nouvelle orientation de l’entreprise. En ce sens je profite de votre canard pour inviter l’ensemble du personnel qui est resté, à être en parfaite collaboration avec la nouvelle direction pour la réussite de cette nouvelle orientation engagée par le gouvernement. Une partie du personnel est déjà partie, et ceci de façon volontaire. Tous a ce jour ont été dédommagés. Je pense que chemin faisant, tout le monde pourra se rendre compte du bien qui se cache derrière cette nouvelle expérience.

Monsieur Affoh Atcha Dedji, aujourd’hui vous quittez Togocom que certainement vous aimez. Mais vous êtes connu comme un des proches collaborateurs du Président de la République et on connaît votre engagement politique avec votre titre de Vice-Président région Centrale du parti UNIR. Allez-vous continuez par servir ou serez-vous plus en retrait ?

Affoh Atcha Dedji : (Rires) Vous avez dit que je suis Vice-président région Centrale du grand parti UNIR. Si je suis parvenu jusqu’à ce niveau, c’est qu’il y a eu des étapes. En politique il n’y a que la conviction qui précède l’engagement. En quoi un départ à la retraite ou la perte d’un poste où on a servi des années durant, peuvent-ils changer une conviction politique ? Je pense que c’est maintenant que j’aurai plus le temps pour servir mon parti. Je reste et demeure le militant UNIR engagé que vous avez connu. Je n’ai jamais ignoré au cours de ma carrière qu’un jour arriverait ou je passerai la main. Même si cela n’était pas la retraite, j’ai toujours pensé qu’à tout moment mes supérieurs pourraient m’appeler à d’autres fonctions. Du fond de moi-même, je vous dis que c’est avec une grande fierté que je quitte Togocom, quand bien même je le portais entièrement dans mon cœur.

Avez-vous un mot pour vos ex-employés d’une part et pour les militants de votre parti d’autres parts ?

Affoh Atcha Dedji : A mes collaborateurs d’hier qui sont encore dans la boîte, je voudrais dire d’être sereins et de montrer à la face des nouvelles autorités dirigeantes, l’abnégation au travail, la discipline et surtout l’ouverture dont ils ont fait preuve avec moi. Que tous se mettent en-tête qu’avant tout, c’est le Togo notre patrimoine commun qui gagne et chacun doit savoir travailler à cela.

Au plan politique, je dis à tous les militants UNIR de resserrer les rangs et de travailler beaucoup plus pour qu’ensemble nous permettons au Président Faure de parachever tous les grands chantiers de développement et de modernisation dans lesquels il a lancé le pays. De travailler en sorte que la présidentielle de 2020 soit une formalité pour notre candidat qui a encore beaucoup à offrir à notre beau pays.

Je vous remercie.

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