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©AfreePress-(Lomé, le 15 juin 2019)- Il a été au cœur de l'actualité sociopolitique de ces derniers jours en République du Bénin. Lui, c'est Guy MITOKPE, ancien député et actuel Secrétaire général du parti Restaurer l'Espoir de M. Candide AZANAI.

A la fin du mois de mai 2019, une équipe de journalistes panafricains était à Cotonou au Bénin pour toucher du doigt la réalité et récolter la version de certains leaders politiques béninois sur les raisons de la crise qui secoue ce pays depuis quelques mois. L'équipe a pu échanger avec ce jeune homme rempli d'engagement et au verbe facile. Pour lui, la solution à la crise qui met à mal le Bénin, est l'annulation des dernières élections législatives et l'arrêt des harcèlements policiers sur certains acteurs politiques et citoyens. Il est également longuement revenu sur la genèse de cette crise et la lecture qu'en fait sa formation politique.

Bonjour Guy MITOKPE. Vous avez été député de la 7è législature et Secrétaire général du parti Restaurer l’Espoir. La crise au Bénin, on ne va pas dire qu’elle a pris fin au lendemain des élections législatives. Quelle est aujourd’hui l’analyse que fait le parti Restaurer l’Espoir ?

Guy MITOKPE : Actuellement en République du Bénin, nous sommes en plein dans la crise en ce sens que la dernière sortie télévisée du Chef de l’Etat, plus précisément sa sortie du 20 mai 2019, était une sortie inopportune. Une sortie qui a laissé le peuple sur sa faim. Vous allez constater avec moi, pour ceux qui ont suivi cette sortie, que le Président se présente comme le Président des vainqueurs. Il s’est présenté comme un chef de guerre, qui a fini une guerre et qu’il fallait soumettre ceux qui ont été vaincus. Nous ne nous inscrivons pas dans cette logique, parce que pour nous, nous ne sommes pas dans un autre Etat, dans un autre royaume. Nous sommes en démocratie et pour nous, cette adresse à la nation devait comporter un certain nombre d’éléments que nous n’avons pas.

Le Chef de l’Etat ne s’est à aucun moment, prononcé sur l’attitude du peuple le 28 avril. Pour nous, c’était le tournant de toute chose. A cette adresse, le Président de la République aurait pu dire au peuple, j’ai compris le message, je vous ai entendu. Mais à aucun moment il n’a fait référence aux événements du 28 avril 2019. Et pourtant, le 28 avril 2019 a été une date décisive au cours de laquelle le peuple béninois a refusé que les élections puissent se dérouler sans la participation de l’opposition. Puisque jamais dans notre histoire démocratique depuis les années 90, nous n’avons assisté à un taux de participation aussi faible à une élection. Les chiffres officiels font état de 22%, mais les vrais chiffres, nous savons que c’est en-deçà de 10%.

Donc pour nous, cette adresse du Chef de l’Etat aux Béninois, devait prendre en compte cet aspect des choses.

Le second élément que nous n’avons pas perçu dans son adresse à la nation, c’est qu’en aucun moment, le Chef de l’Etat n’a parlé des tueries des 1er et 2 mai 2019. Depuis notre indépendance en 1960, jamais notre armée qui s’est toujours présentée comme une armée professionnelle, républicaine et patriotique, n’a tourné son arme contre son propre peuple. Mais pour la première fois, depuis notre indépendance, certains éléments zélés de cette armée, ont tourné les armes de la République contre le peuple. Le Président de la République ne s’est pas prononcé là-dessus. Il n’a pas clarifié les choses, il n’a pas rassuré le peuple, il n’a pas donné un peu plus d’éléments sur ces événements. Nous aurions bien aimé que le Président de la République, en tant que première personnalité de ce pays, puisse dire au peuple que nous avons situé les responsabilités. Nous allons ouvrir une enquête indépendante et nous allons mettre chacun devant ses responsabilités.

Qui a donné les ordres, qu’est-ce qui s’est réellement passé. A aucun moment, le Président de la République n’a abordé ces questions qui pour nous, sont des questions préjudicielles avant que nous ne puissions aborder un quelconque dialogue.

En plus de cela, vous allez constater avec moi que, à aucun moment, le Président de la République n’a aussi fait cas des Béninoises et Béninois qui sont enlevés depuis que nous sommes rentrés dans cette spirale d’incertitude. A aucun moment le Président de la République n’a dit, voici les raisons pour lesquelles les gens sont enlevés, pour lesquelles les gens sont pris en otage. A aucun moment il ne s’est prononcé là-dessus.

Le 28 mai dernier, au Tribunal de Cotonou, nous avons dénombré plus de 80 personnes arrêtées et qui croupissent dans les geôles sans que des clarifications puissent être données sur ce qui se passe réellement. Vous êtes dans votre véhicule, vous passez, on vous arrête, vous êtes chez vous tranquillement, à des heures impossibles, sans sommation et sans mandat, on vient et on vous enlève. Voilà l’Etat dans lequel nous sommes. Donc ce qui se passe aujourd’hui, est grave. Le défi il est plus grand que ce que le Président a présenté. Pour nous, dans son discours à la nation, le Président de la République n’a pas abordé les vraies questions qui concernent le peuple.

Pour nous, les forces de l’opposition, qui se sont aujourd’hui mutées en forces de la résistance, nous continuons de dire que nous sommes en pleine crise. Nous ne sommes pas sortis de cette crise et la condition sine qua non pour que nous puissions parler de sortie de crise, c’est d’abord la révocation de ce qu’ils ont appelé la 8è législature. Pour nous, ce n’est pas négociable. Ce parlement qui a été frauduleusement installé, ces députés qui ont été installés sous haute présence militaire, pour nous avant tout dialogue, il doivent être révoqués et ce n’est pas un fait nouveau dans notre pays. Avant la conférence des forces vives de la nation de février 1990, il y a eu l’élection du parlement révolutionnaire en juin 1989. Il a été dissout en décembre 1989 avant les grandes assises. Donc ce n’est pas une premières dans notre histoire.

Nous voulons que le Président de la République comprenne avec nous, que pour les forces de la résistance, il est hors de question que nous puissions discuter avec un gouvernement qui ne prend pas la mesure des choses, un gouvernement qui ne vit pas les mêmes réalités que nous, avec un gouvernement qui pense que pour que notre démocratie et notre développement puissent aller de l’avant, il faut installer de manière frauduleuse, un parlement.

Mais honorable Guy MITOKPE, ne faudrait-il pas aller à ce dialogue et écouter le gouvernement afin de lui soumettre également vos observations et remarques ?

Guy MITOKPE : Oui mais vous savez, nous n’avons pas inventé la démocratie et nous n’avons pas non plus inventé la politique. Dans toutes les discussions et dans tous les pays qui se respectent, il y a toujours des préalables. Vous ne pouvez pas dans un discours aussi important, venir parler sans même clarifier un certain nombre de zones d’ombre. Sans donner d’assurance sur un certain nombre de faits qui concernent le peuple. C’est de notre rôle et de notre responsabilité en tant que opposants, d’exiger des préalables. Les préalables que nous exigeons aujourd’hui, ce ne sont pas des caprices. C’est parce que nous voulons véritablement que ce dialogue puisse se dérouler dans un contexte de crédibilité et de confiance et qu’il puisse donner l’assurance aux uns et aux autres. On ne peut pas nous demander d’aller autour d’une table de discussion alors que les fusils de la République sont braqués sur nous. Alors que de l’autre côté, ceux qui sont sur le régime pensent qu’ils ont tous les éléments en leur faveur.

C’est quand même normal qu’on puisse demander avant le dialogue, qu’on mette fin à l’arrestation des gens sans convocation. Qu’on nous donne l’assurance sur la crédibilité de ce qui sera dit autour de cette table de dialogue. Si dialogue il y a, ce sera avec qui, qui sera à la table de discussion, qui sera le médiateur ? Est-ce que ça sera un jeu du chat et la souris comme ça été le cas le 6 mars dernier ? Puisqu’il y a des antécédents et des faits assez éloquents que nous pouvons rappeler.

Le 6 mars 2019, alors que la veille le 5 mars, la Commission électorale a donné les noms de ceux qui devaient participer à l’élection. C’est à dire la liste de l’Union Progressiste, qui est un parti du Chef de l’Etat et la liste Bloc Républicain. Le lendemain le 6 mars, le Chef de l’Etat sort, il dit non nous sommes dans l’impasse, ça ne s’est jamais produit dans notre pays, je convie tout le monde à une table de discussion. Quand il a dit cela, qu’est-ce que nous lui avons dit. Nous lui avons dit que quand on convie des acteurs politiques à une discussion aussi importante que celle à laquelle vous nous appelez, le médiateur, ne doit pas être partie-prenante.

Pour ces discussions, le médiateur qui avait été choisi, c’était l’ancien président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au niveau de l’opposition, nous avons décrié cela. Nous avons dit, Adrien Houngbédji ne peut pas être un élément de la crise et pour régler cette crise, on puisse nous demander que ça soit fait au sein du parlement. Et le résultat, on le connaît tous.

Guy MITOKPE, vous avez été le seul député à rejeter la loi querellée aujourd’hui. Avez-vous fait part à vos camarades députés de l’opposition, de ce qui a fondé votre refus ?

Guy MITOKPE : Je profite de cette question pour dire qu’il faut recadrer le débat et situer la vérité. En réalité les députés de l’opposition n’avaient pas participé à ce vote. Ils sont sortis de la salle alors que moi je n’étais pas pour qu’on sorte de la salle. J’étais pour qu’on reste pour voter contre cette loi. On connaît comment nos amis de la mouvance manipulent l’information. Donc en vérité, l’opposition n’avait pas voté pour cette loi, la plupart d’entre eux, était sortie de l’hémicycle.

Pour finir, l’opposition est-elle encore unie et solide aujourd’hui ? Puisqu’il y a d’autres partis de l’opposition qui rejettent la main tendue du Président de la République.

Guy MITOKPE : Si vous étiez une jeune fille, j’allais vous offrir des fleurs puisque votre question est très importante et nous permet de clarifier beaucoup de chose. L’opposition dont vous parler, en réalité n’est pas une composante de l’opposition. Il y a le parti du Renouveau Démocratique dirigé par Me Adrien Houngbedji, qui a tout le temps été un parti de la mouvance présidentielle. Il y a eu quelques embrouilles entre ce parti et le Président de la République et ils ont été exclus. Ils ont été disqualifiés du jeu électoral.

Il y a aussi l’UDBN de l’honorable Claudine Prudencio qui également, n’est pas de l’opposition. Il y a un certain nombre de partis qui ne sont pas de l’opposition. Ils sont tous de la mouvance présidentielle mais qui ont eu quelques périodes difficiles avec le Chef de l’Etat. Ce n’est pas cela être de l’opposition.

Lorsque la quasi totalité de la communication gouvernementale dit que certains partis de l’opposition sont en train d’accepter la main tendue du Chef de l’Etat, je m’inscris en faux contre cette affirmation et tous les résistants s’inscrivent en faux. Pour le moment, il n’est pas encore question de dialogue politique en République du Bénin, parce que nous estimons que les conditions optimales ne sont pas encore réunies. Il nous appartient de faire savoir cela à la communauté nationale, à la communauté internationale et à ceux qui nous dirigent aujourd’hui en leur disant que nous sommes encore en plein dans la crise et tant que le régime se trouvera en position confortable, en position de force, nous sommes presque sûrs qu’il n’y aura pas de débat ou de dialogue productifs.

Guy MITOKPE, de l’extérieur, ceux qui nous suivent, voudraient savoir quelque chose. Est-ce que l’opposition travaille à préserver un climat de paix au Bénin ?

Guy MITOKPE : Nous travaillons toujours pour l’intérêt supérieur de la nation. Nous n’avons jamais été belliqueux, nous n’avons jamais été des personnes qui pensent qu’il faut tout casser, qu’il faut tout détruire. Mais en face de nous, nous assistons à un déploiement de forces républicaines contre la population. Celui qui remet aujourd’hui en cause, la stabilité de notre pays et qui met en pointillés le développement tant prôné, ce n’est pas nous de l’opposition. C’est plutôt celui qui est en face de nous, c’est le régime qui est en face de nous.

Donc nous, nous continuerons de faire ce que nous avons à faire afin que notre pays puisse compter dans le concert des nations. Mais nous ferons tout afin que cette paix et cette stabilité politique qui a toujours caractérisé notre pays, puissent être préservées.

Une chose est sûre, si ce pays doit chavirer, si ce pays doit quitter les rails de la paix, ce ne sera pas par l’œuvre de l’opposition.

Propos recueillis et transcrits par l'Agence de Presse (©AfreePress- mai 2019)

©AfreePress-(Lomé, le 15 juin 2019)- Les élections législatives du 28 avril 2019 n’ont pas du tout été apaisées au Bénin. Les dispositions prises dans la charte des partis politiques et dans le code électoral portant sur le certificat de conformité ont empêché plusieurs partis de l’opposition d’être candidats. Cette situation a alors causé de vives tensions avant et après les élections. Le président Patrice Talon envisage alors d'organiser un dialogue entre les acteurs politiques du pays en vue de l'apaisement de la situation. Mais une partie de l’opposition rejette catégoriquement sa main tendue. L’autre partie est disposée à dialoguer mais pose des préalables. Elle exige que le Président Patrice Talon ne soit pas celui qui pilote les discussions et exige l'annulation des dernières élections législatives. Elle veut aussi que les décisions qui seront issues de ce dialogue soient exécutoires. Voilà les raisons qui sont à l'origine des violences qui déchirent ce pays modèle en Afrique depuis plusieurs mois déjà. Mercredi dernier, la localité de Tchaourou dans le nord du pays, a encore été le théâtre d'affrontements sanglants entre forces de l'ordre et manifestants pro-opposition.

A la fin du mois de mai 2019, une équipe de journalistes panafricains était à Cotonou au Bénin pour toucher du doigt la réalité et récolter la version de certains leaders politiques béninois. Voici ce que l'équipe a pu récolter comme information de terrain pour vous. Ici la réaction de M. Wilfried Léandre HOUNGBEDJI, Directeur de la Communication de la présidence béninoise.

Bonjour Wilfried Léandre HOUNGBEDJI. Le Bénin pays de paix, pays à stabilité convoitée par beaucoup de pays africains, a connu ces derniers temps une situation déplorable liée à l’organisation des élections législatives. Vous êtes aujourd’hui le mieux placé pour nous expliquer exactement ce qui s’est passé.

Wilfried Léandre HOUNGBEDJI : Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez au Bénin. C’est vrai que quand on est loin, on peut avoir une lecture dévoyée des situations. On peut même avoir la faiblesse de ne se fier qu’aux bruits ambiants et de ne pas aller rechercher la vérité des faits. C’est en cela que je trouve que votre démarche vous honore. De quoi s’agit-il ? Parce que vous avez parlé de crise liée à l’organisation des élections. Depuis 1991 où nous avons commencé sous le renouveau démocratique à faire des élections, notamment législatives et présidentielles.

Vous observerez que notre pays s’est lancé dans une course effrénée à la création des partis politiques. Il y a peut-être une raison historique ou conjoncturelle à cela. Pendant 18 ans, de 1972 à 1990, nous avons connu la révolution et le système de parti unique. Évidemment, cela a eu des travers si bien qu’à la Conférence nationale, l’option a été faite de pratiquer ce qu’on a appelé ici, ''le multipartisme intégral''. Mais à son tour, le multipartisme intégral a généré ses propres travers, ses propres avatars. A tel enseigne que pour se chahuter ici, on dit que les Béninois sont des multipartistes intégraux. L’illustration concrète c’est quoi, vous avez dix partis politiques qui viennent dans un quartier pour faire campagne. Les mêmes militants assistent aux meetings des dix (10) partis. Seuls les interlocuteurs entre les populations et les responsables des partis politiques changent. Ces intermédiaires sont ceux qui sont chargés de capter la rente déposée par les leaders des formations politiques. Vu sous cet angle, cet multipartisme est bâtard davantage parce qu’en 28 ans de pratique politique, il n’a permis à aucun parti politique de réussir à faire élire un de ses militants ou cadres, comme Président de la République.

Alors même que la Constitution béninoise dit en son article 5, que ce sont les partis politiques qui animent la vie politique. Il y a un paradoxe majeur à cela et quand vous allez aux élections législatives, ce paradoxe est encore présent. L’exemple de l’Assemblée nationale qui était en place avant celle qui vient d’être installée, en est une illustration également.

Pour 83 sièges de députés, vous avez peu ou prou, 40 partis politiques représentés à l’Assemblée nationale à travers le jeu des alliances parce qu’intrèsinquement, la plupart de nos partis politiques, n’ont pas d’assise nationale. Ils étaient des partis politiques à influence villageoise, communale ou au mieux, régionale ou départementale.

Comment faire pour réhabiliter les partis politiques dans la fonction que la Constitution leur a conférée à savoir animer la vie politique, conquérir et exercer le pouvoir d’Etat ?

Wilfried Léandre HOUNGBEDJI : Le candidat Patrice Talon, comme d’autres candidats à la présidentielle de 2016, avait procédé au diagnostique de ce que, il nous fallait procéder à des réformes majeures. Notamment au plan institutionnel et politique. Lesquelles réformes devraient amener à la constitution de grands ensembles politiques. Le candidat Talon a été élu, et d’autres non. Vous avez dû lire un peu Machiavel. Machiavel dit : «  à quoi sert-il de tenir une parole qu’on a déjà donnée ? ». Sur cette base, la plupart de nos acteurs politiques, quand ils ont réussi à se faire élire, ils oublient les promesses qu’ils ont eu à faire à leur peuple. Parce qu’ils ont déjà donné leur parole, ils ne la tiennent plus.

Mais le Président Talon a dit : « moi je ne me définit pas comme un politicien, je ne pense pas à la prochaine élection qui doit venir. Je veux tenir les promesses que j’ai faites à mes populations et donc pour cela, quel que soit ce qu’il m’en coûte, je m’engage à les faire ». On sait très bien, et lui-même l’a dit dans son message du 20 mai dernier, que c’était une réforme risquée.

Comment dans un écosystème politique marqué par tant de partis, comment amener les acteurs à se parler, à dissoudre ou à diluer leur ego pour le mettre dans un ensemble plus grand au service de la communauté sans menacer les intérêts que certains pensent avoir acquis de vieilles dates ? C’était là toute la problématique.

Le Président Talon a dit avec la majorité qui le soutient à l’Assemblée nationale, qu’il nous faut oser engager ces réformes sinon le pays pourrait ne plus jamais en avoir l’occasion. En tout cas pas avant longtemps et dans la perspective de l’avènement des grands partis politiques, il a dit qu’il y a une réforme qui va consister au financement public des partis politiques. Vous conviendrez avec moi, que dès lors que le financement public va devenir opérationnel, l’argent de l’Etat ne peut pas financer dans un même pays, 200, 300 voire 1000 partis politiques. Il faut alors des critères de compétitivité, des critères de représentativité qui soient assez relevés pour faire en sorte que seulement quelques partis qui remplissent ces critères, bénéficient du financement public.

 

Autrement, chaque famille, chaque commune créerait son parti politique et viendrait à la caisse de l’Etat pour dire, j’ai un parti politique, vous devez me donner aussi le financement public. Ça deviendrait un nouveau job. Dès lors qu’on envisage le financement public, il faut des conditions assez relevées. C’est tirant moyen de ces éléments d’analyse, que l’Assemblée nationale a fait sa proposition de loi soutenue effectivement par le gouvernement. Une proposition qui dit donc que désormais dans notre pays, il nous faut avoir des partis politiques qui répondent à un certain nombre de critères.

Anciennement, pour créer un parti politique il fallait dix (10) membres fondateurs par département. Nous avons douze (12) départements donc à 120 personnes, vous avez déjà la possibilité de créer votre parti politique. La nouvelle loi dit qu’il faut avoir 15 membres fondateurs par commune et nous avons 77 communes. Donc depuis 2017, il faut désormais 1155 membres fondateurs pour créer un parti politique contre 120 pour l’ancienne loi. Vous avez déjà un premier niveau d’exigence.

 

Ensuite, la loi dit que quand vous allez aux élections législatives, pour qu’un parti participe au partage des sièges, il faut qu’il recueille au niveau national, au moins 10% du suffrage.

Rappelez-vous je vous ai dit que l’Assemblée sortante, pour 83 sièges, comptait une quarantaine de partis politiques représentés. La logique voulait que, moi qui suis un ancien journaliste et aujourd’hui, Directeur de la Communication de la Présidence de la République, si je suis plus ou moins populaire dans mon village, je crée mon parti politique, j’entretiens cette base-là, je vais aux élections, je vais faire du remplissage dans quelques circonscriptions, ou je m’associe à d’autres partis qui sont à influence étendue ailleurs, pour aller aux élections. Je peux me faire élire député. Mais seul, je n’aurai pas pu me faire élire. Nous disons non, désormais, il faut des partis qui aient une idéologie affirmée et qui couvrent tout le territoire national. Donc 10%. ça veut dire qu’un parti, qui à lui tout seul avant, faisait 0,5% des suffrages exprimés mais assez suffisant dans sa commune pour se faire élire et avoir un député, généralement c’est le Président-Directeur-Général du parti, à l’aune de cette loi, il ne pourra plus se faire élire. Il ne pourra non plus se faire élire s’il décide d’aller en alliance, parce qu’il n’y a plus d’alliance.

La loi dit que le pays veut de grands partis. Si vous êtes en mesure de faire des alliances, alors vous pouvez fondre vos partis pour en créer un seul ou deux grands partis. Voilà la problématique de fond.

A partir de là, il y a une exigence que ces lois imposent aux partis politiques. C’est d’accepter de mettre entre parenthèse leur ego ou tout le moins, de la diluer pour se mettre au service de l’ensemble. Dans ces conditions, humainement et pour des gens qui ont fonctionné ainsi pendant 30 ans, on peut comprendre qu’il leur soit difficile d’accepter d’y aller. Et si l’Etat, par le mécanisme ne leur force pas un peu la main, il est presque entendu que les réformes n’adviendraient jamais.

Voilà les sources profondes de la réforme qui a été engagée. Dès lors qu’elle a été faite, la loi tenant compte des difficultés pour réaliser les mutations, a donné 6 mois aux anciens partis politiques pour se conformer à la nouvelle charte des partis politiques.

Pour ceux qui n’existaient pas, ils ont à se créer conformément à la nouvelle loi. L’adoption de cette loi a été précédée de séminaire organisé par l’Assemblée nationale. Séminaire ayant rassemblé tous les acteurs politiques, y compris les acteurs de la société civile et les intellectuels. Donc toutes les parties prenantes ont participé à la réflexion préalable au vote de la loi. A l’occasion du vote de la loi, toutes les sensibilités étaient là. La charte des parties notoirement a été votée par l’ensemble des députés moins une voix. Toutes tendances confondues.

Comment expliquez-vous après donc, la levée de bouclier qu’il y a quant à l’application de cette loi ?

W. L. H. : Un point de polémique qu’il faut évacuer tout de suite. Vous avez dû entendre qu’il y a eu des blocages administratifs, qu’on a imposé un certificat de conformité que la loi n’a jamais prévu et que cela était de nature à évincer des partis politiques. Cette charte des partis dit, notamment à son article 22, que le ministère de l’intérieur notifie aux partis, leur conformité à la loi. ‘’NOTIFIE LA CONFORMITE’’. Comment notifier la conformité ? En Droit Administratif, je ne vous apprends rien, vous savez que c’est essentiellement une affaire d’écrit. Est-ce que le ministère appelle le chef de parti qui a déposé, pour lui dire que ton dossier est bon, il est valable, ou il lui écrit ou il fait un communiqué ? La loi dit qu’il notifie la conformité.

La Cour constitutionnelle chez nous, est l’institution régulatrice du fonctionnement des autres institutions. Elle a été saisie par un citoyen d’un recourt à l’occasion duquel la Cour a précisé que pour notifier la conformité, le ministère de l’intérieur délivre un certificat, dit certificat de conformité. La Cour n’a donc fait que de donner un nom de baptême à la notification de la conformité. Et pourtant, c’est cela qui va, après alimenter la polémique et on va dire que l’administration ou le pouvoir n’a pas voulu que l’on obtienne son certificat de conformité.

Voilà ainsi ramassés, les éléments d’amélioration de la loi. Des éléments aussi de querelles politiciennes et qui ont fait que certains, soit parce qu’ils n’étaient pas en mesure de diluer leur ego, soit parce qu’ils considéraient que parce qu’ils n’avaient pas de moyens d’aller à l’élection il faut créer des problèmes. Et parlant de moyens, il faut aussi relever qu’il y a eu la révision à la hausse de la caution pour prendre part aux élections.

De quoi s’agit-il ? Avant ces lois, pour aller aux élections présidentielles, il fallait payer une caution de 15 millions. Après, la loi autorise le candidat à engager des dépenses jusqu’à hauteur de 2,5 milliards de FCFA. Avec la précision que le candidat qui a fait 10% pouvait être remboursé de ses frais de campagne engagés.

Si vous payer 15 millions de caution et vous pouvez dépenser 2,5 milliards de frais de campagne, cela veut dire que vous êtes en mesure de payer 250 millions de caution comme la nouvelle loi le prévoit. La nouvelle loi dit, vous payer non plus 15 millions de caution pour la présidentielle, mais 250 millions. Mais là encore, il faut lire ces dispositions à l’aune des réformes engagées qui font, que les partis politiques nouveaux, ne sont plus les propriétés des anciens PDG de partis politiques. C’est de réels partis politiques qui vont avoir à terme, le financement public, donc qui vont avoir un budget sans doute conséquent, et qui seront en mesure de puiser dans leur caisse pour payer la caution d’un candidat crédible qu’ils portent. Il n’était donc nullement question d’exclure qui que ce soit. Davantage, parce que des individus avaient la possibilité de dépenser 2,5 milliards en frais de campagne. Donc ils peuvent payer 250 millions de frais de caution.

La même logique a amené à dire que, pour les listes candidates aux élections législatives, il faut payer une caution de 249 millions de FCFA. On a pu dire à cette occasion, que c’était une façon d’exclure les jeunes et certain nombre d’acteurs du jeu politique. Mais il faut plutôt lier cette réforme de la caution à la réforme du système partisan qui veut que désormais, nous ayons de véritables partis politiques.

Les listes des élections législatives, c’est 83 candidats titulaires et 82 candidats suppléants. Imaginez qu’un parti crédible qui veut présenter ses candidats, demande à chacun d’apporter sa contribution à la caution. 2 ou 3 millions par tête ou 3 millions pour le titulaire et la moitié pour son suppléant et vous multiplier tout cela par 166. Vous voyez que vous avez déjà la totalité de la caution demandée. Après le parti, parce qu’il est crédible, peut puiser la différence dans sa caisse pour ajouter en complément et payer la caution.

Tout cela c’est dans la perspective que nous sortions enfin du grand bazar dans lequel nous étions en terme d’animation de la vie politique, en terme d’écosystème politique débridé et totalement inefficace à tel point qu’il n’a jamais réussi depuis 30 ans à faire élire un de ses acteurs comme Président de la République.

Le paradoxe a été qu’à chaque élection présidentielle, les partis politiques, les acteurs politiques vont toujours chercher un oiseau rare, derrière lequel tous s’alignent en espérant bénéficier de sa présence au pouvoir pour se faire une certaine santé. Et c’est tout cela qui est en train d’être corrigé maintenant.

Mais dans ce cas, peut-on dire que ces acteurs ne vous ont pas compris ou c’est de la mauvaise foi de leur part, puisque ce que tout le monde dit qu’avec le régime Talon il y a un recul démocratique au Bénin ?

Wilfried Léandre HOUNGBEDJI :  Bon, est-ce qu’avec toutes ces explications vous avez le sentiment que ceux qui ont engagé ces réformes avaient un quelconque souci d’embrigader la démocratie ? La réforme ne veut pas dire qu’il n’y aura pas demain, 100 partis politiques même 1000 partis politiques au Bénin.

La réformes veut dire que s’il y a 100, 200 ou 1000 partis politiques, il y aura au moins 3, 4 ou 5 qui sont majeurs pour capter le financement public et pour porter la voix et les aspirations réelles des populations. En France, il y a plusieurs partis politiques. Vous savez que chez les Républicains, il y a des micros partis ? M. Fillon, le candidat déchu à la dernière élection présidentielle est responsable d’un micro-parti politique qui de par son idéologie, se retrouve dans ce grand parti politique.

Notre réforme au Bénin ne dit pas qu’il y aura que 2 ou 3 partis politiques, non. Le multipartisme intégral n’est même pas remis en cause. On est juste en train de l’ennoblir, de le rendre majeur plutôt que de le laisser dans l’état végétatif où il se trouvait. Et donc est-ce que sur cette base, on peut dire qu’il y avait une volonté d’embrigader les partis politiques et de fausser le jeu démocratique ? Non. Et les acteurs politiques béninois, parce que ce sont des gens intelligents, ils savent ça. Ils ont lu, ils ont participé aux débats et ils ont compris quel est l’enjeu. Ils le savent.

Pourquoi dans ce cas le pays est à feu et à sang depuis quelque temps si ces acteurs politiques avaient compris le bien-fondé de ces réformes comme vous le dites ?

Wilfried Léandre HOUNGBEDJI : Je veux vous faire une confidence avant d’aller plus loin. Un ancien soutien du Président de la République alors même que le Président travaillait sur les bases pour l’avènement de ces grands partis, a pu dire : « Mais le Président de la République dit qu’il veut faire des grands partis. Mais s’il le fait, nous on devient quoi après ? ». Ce soutien c’est un responsable de parti politique. Je ne qualifie pas la taille de son parti, mais vous pouvez imaginer. Il dit que si le Président fait de grands partis, nous on devient quoi après ?

La Rochefoucauld enseigne que même les changement les plus souhaités ont leur mélancolie. J’ajouterai personnellement à fortiori, ceux que l’on n’a pas souhaité. Pour dire qu’il y a des acteurs politiques qui ont compris l’enjeu, qui ont même soutenu l’avènement de la loi. Il y a en également qui l’ont compris et qui ne voudraient pas qu’on y arrive parce qu’elle remettrait en question, leurs acquis et leurs méthodes traditionnelles. Une fois ces lois advenues, certains responsables politiques ont pu se réajuster, en entrevoyant que l’application rigoureuse de ces lois, rebattrait les cartes. Ça peut être une stratégie pour faire obstruction à l’application de la loi ou de monter les enchères pour en compliquer justement, la mise en œuvre.

Ce qui s’est passé, il y a un peu de tout cela. Des acteurs qui peut être, n’ont pas été en mesure de rassembler les moyens pour prendre part à cette élection et ceux qui ont pensé que s’ils faisaient disparaître leur parti et animer un courant plus large, ils ne seront plus importants qu’ils l’étaient, ont pu se comporter de la sorte. En tout cas c’est un peu de tout cela. Il y a aussi, sans doute ceux aussi, qui en faisant un raisonnement politicien, ont pu se dire qu’ils ont été aux affaires et qu’ils n’ont pas réussi à réaliser ces grandes réformes. Pourquoi quelqu’un arrive et en trois ans à peine, il engage des réformes profondes pour une mutation qualitative de la société. Des réformes qui feraient en sorte, j’en suis convaincu et je vous en fait le serment, que demain l’histoire du Bénin retiendra de façon marquée, l’ère Talon. Et je pus vous dire, de ma position, pour ce que j’observe et si on psychanalysait le Président Patrice Talon, ce qui l’anime plus que tout, son leitmotiv, c'est faire en sorte que son action impacte assez positivement la vie et l’organisation sociopolitique du Bénin pour que demain, l’histoire retienne qu’il y a eu un homme qui est passé par là.

Voilà le mobile profond et personne de sérieux ici au Bénin, ne vous dirait le contraire.

Depuis que vous êtes là, je suis convaincu que vous n’avez pas été menacés, vous n’avez pas eu le sentiment que le Bénin n’est pas en paix. Le Bénin est en paix. Il y a eu une situation conjoncturelle. Que nous n’avons jamais connue. Aucun pays n’aimerait connaître ça et nous ne le souhaitons à aucun pays. Comme le dit le Président Talon, ce qui nous est arrivé doit être utilement mis au crédit d’une crise de croissance de notre processus démocratique. C’est son expression. C’est regrettable, très regrettable que certains acteurs politiques en soient arrivés à orchestrer et à mettre en œuvre ce degré de violence. Vous avez dû observer les images et sans être spécialiste de rien du tout, vous avez dû voir certains individus. Vous tirerez vous-même la conclusion que ces personnes n’étaient pas forcément maîtresses de leurs facultés. Beaucoup étaient sous l’effet de drogues. Vous avez vu comment avec des sachets remplis d’essence, on fabriquait des cocktails Molotov.

Il y a un acteur politique minable, qui sur les réseaux sociaux apprenait aux jeunes comment fabriquer des cocktails Molotov. Vous pensez que la contradiction politique peut justifier qu’on a en arrive à cela ? Non il faut avoir d’autres mobiles pour se comporter ainsi. Donc des jeunes ont été instrumentalisés, certains mêmes ont été importés pour troubler la quiétude des populations, s’attaquer aux biens privés comme aux biens publics. Je pus vous dire qu’on a connu dans ce pays des contestations monstres contre divers régimes mais jamais, les organisateurs comme les participants n’ont été traversés par l’esprit de s’en prendre à des biens publics comme à des biens privés comme cela a été le cas. Et à l’occasion des événements des 1er et 2 mai, si vous faites attention, si vous connaissez Cotonou, Porto-Novo, Parakou et Tchaourou, les biens qui ont été attaqués étaient des biens particulièrement ciblés, ça veut dire qu’il y a eu une orchestration de toute cette violence. On ne s’en prenait pas aux biens par hasard. C’est dire que c’était déterminé à l’avance qu’il fallait s’en prendre aux biens de telle personne, ou de telle autre personne précisément en raison de leur position qui fait d’elles, des soutiens du pouvoir en place. Donc on leur dénie le droit de soutenir le pouvoir. Vous devez donc vous dire que, s’il y a des gens qui sont anti-démocrates ou s’il y a des gens qui remettent en cause le fonctionnement démocratique, c’est certainement pas du côté du pouvoir. C’est du côté de ceux qui ont organisé ces genres de violences.

Et maintenant vous dites, qu’est-ce que le pouvoir fait ? Le pouvoir, il a l’obligation de sécuriser tous les citoyens y compris les auteurs de ces actes. Il a l’obligation de les sécuriser et il s’emploie à cela.

La justice fait son travail car elle a été saisie, elle instruit le dossier pour situer les responsabilités et appliquer la loi au besoin. Par ailleurs, le Président de la République en tant que Père de la Nation, a décidé d’inviter les acteurs politiques à des échanges francs, directs et constructifs comme il le dit, lui-même au profit de notre bien commun, le Bénin. Le Président il est disponible et cela va s’organiser avec les acteurs qui comprendront la dynamique et se rendront disponibles. On fera en sorte d’insister auprès de ceux qui ne la comprennent pas pour le moment et le Bénin ne fera que grandir.

On ne peut pas clore cet entretien sans parler de la situation du Président Yayi Boni. On a l’impression qu’il est en résidence surveillée ? Quand sa situation va-t-elle s’arranger ?

Wilfried Léandre HOUNGBEDJI :   La notion de résidence surveillée ou d’assignation à résidence, est une notion éminemment judiciaire, et non seulement juridique. Elle découle d’une procédure judiciaire. Or en l’espèce, il n’y a aucune décision de justice qui assigne l’ancien Président à domicile. Aucune.

Il y a une situation conjoncturelle qui nécessite que la sécurité soit renforcée dans son quartier et autour de chez lui. Pour quelle raison. Le 28 avril 2019, jour des élections législatives, il y a eu des actes de violence dans sa région natale, notamment à Tchaourou et dans la commune voisine de Parakou. Des manifestants s’en sont pris aux biens d’autres acteurs politiques, notamment des soutiens du pouvoir. A l’origine, le Président Talon a instruit les forces de défense et de sécurité à l’effet de ne poser aucun acte qui attente à la vie ou à l’intégrité des citoyens. La maison par exemple du député Adam Bagadou qui a été brûlée, était gardée par des militaires. Mais conformément aux consignes qu’ils ont reçues, ces militaires, n’ont pas fait usage de leur armes. Bien au contraire, ils se sont dit que s’ils devaient rester et riposter, il y aurait eu un carnage. Donc en voyant venir les populations, ces militaires ont carrément replié pour laisser la maison et laisser faire les assaillants. Vous voyez à quel point le pouvoir a pu être tolérant ? Deux ou trois jours après, les 1er et 2 mai, autour de la maison de M. Yayi, il s’est opéré un attroupement impromptu avec des casses dans Cotonou. Et je réitère qu’il y a eu des jeunes drogués, et qui faisaient usage d’arme, puisque le feu est une arme, pour détruire des biens publics et privés. A l’appel opportuniste d’acteurs politiques ou de web-activistes proches de Yayi Boni, prétendant qu’on voulait l’arrêter, et c’est ce qui a généré cette situation. Les forces de défense et de sécurité, dans leur travail ont entrepris de sécuriser durablement la zone. M. Yayi Boni il peut sortir de chez lui s’il le souhaite. Il reçoit de la visite et donc, en conclusion, il n’est pas en résidence surveillée.

Le Bénin d’après de nombreux observateurs, est un pays clé du continent, il a mis en route les conférences nationales sur le continent et le renouveau démocratique. Le Bénin dans quelques années va vous étonner encore, étonner le monde parce qu'il va donner, comme il s’y emploie déjà, la preuve que les pays africains ne sont pas damnés. Il va donner la preuve que, les Africains, les noirs en particulier, n’ont pas moins de potentialités que les hommes des autres continents et qu’à force de travail sérieux et rigoureux, le développement est à portée de main. Ça c’est le pari que nous faisons et rendez-vous dans les prochaines années pour le constater.

Je vous dis ce sur quoi on se fonde pour le dire. Le Président Talon quand il est arrivé au pouvoir en avril 2016, le Bénin venait de connaître en 2015 un taux de croissance de 2.1% et pourtant c’est un économiste qui était au pouvoir. En 3 ans, il a apporté la croissance à 6.7%. Un taux jamais atteint par le Bénin sous le renouveau démocratique. La seule fois que nous avons atteint ce taux, c’est avant le renouveau démocratique où nous avons atteint les 9%.

Mais depuis 30 ans, on n’a pas atteint ce taux de croissance. Toutes les perspectives nous confortent que sur les prochaines années, ce taux va être maintenu et même être amélioré. Personne ne vous dira que c’est un taux factice. Vous avez parlé du Président Yayi Boni. Quand il était au pouvoir il aimait à dire que 100.000 tonnes de coton, représentait 1 point de croissance. Mais malheureusement quand il partait, nous étions à moins de 300.000 tonnes de coton avec énormément de subvention de l’Etat.

Nous sommes actuellement à près de 700.000 tonnes. Vous faites la règle de trois, et vous voyez que cela se déduit aisément et sur cela au moins, il avait raison. Ça va se poursuivre.

Si vous avez l’occasion de parcourir tout le Bénin, vous verrez que dans toutes nos localités aujourd’hui, des projets de forage d’eau potable dans les zones rurales se multiplient. Le Président a dit que pendant sa campagne, il a constaté qu’il y avait une constante qui est revenue dans les doléances des populations. C’est l’accès à l’eau potable. Il a donc mis en place un programme spécifique qui s’appelle l’Agence nationale d’approvisionnement d’eau potable en milieu rural qui a mobilisé en en trois ans, plus de 300 milliards de FCFA. Et depuis 2 ans que nous sommes dans la phase pratique, près de 200 milliards ont déjà été engagés dans divers programmes à telle enseigne que vous avez des centaines et des centaines de forages qui sont en cours de réalisation et auxquels vont s’ajouter d’autres. Ces forages ont la particularité de ne pas être de simples systèmes d’adduction d’eau en zone villageoise. Ce sont des forages qui vont permettre de raccorder des régions entières quoique étant en zone rurale, ils sont faits en sorte qu’ils puissent y avoir raccordement du réseau aux maisons. Donc les populations auront de l’eau directement chez elles, dans leur robinet à la maison. C’est la particularité de ces forages. Et des gestionnaires régionaux vont être identifiés pour la mise en affermage de ces forages.

J’ai donné l’exemple du taux de croissance, j’ai donné l’exemple des forages. Le Président Talon a remis en vigueur le programme de cantines scolaires dans nos écoles. Quand il arrivait, l’Etat notamment sous le Président Yayi Boni, mettait 1 milliard à peu près par an pour le programme de cantines scolaires. 1 milliard par an, pour 1574 écoles impactées à l’époque par ce programme, cela représentait, seulement 20 jours de nourriture pour les enfants sur l’année. Et donc le programme était inefficace. Depuis trois ans, nous sommes passés à 7 milliards par an, pour le programme et aujourd’hui nous donnons à manger dans 51% des écoles du Bénin en impactant 500.000 enfants.

Quand le Président Talon arrivait, nous étions confrontés à un délestage sauvage. Aujourd’hui, nous n’avons plus de délestage. Mieux, en trois ans, le Bénin vient de se doter de sa première Centrale thermique de production d’énergie de 120 Mégawatts et d’autres sont attendues pour bientôt.

Le Conseil des ministres du mercredi 29 mai 2019 a validé le plan pour une nouvelle centrale thermique de 25 Mégawatts. L’ambition du gouvernement c’est de faire en sorte qu’à l’horizon 20-21 nous ayons atteint l’autonomie énergétique avec un niveau de production de 400 à 500 Mégawatts.

Le Président Talon depuis trois ans, mène une lutte implacable contre l’impunité et les prévarications. C’est sans aucun doute l’un des points d’achoppement entre lui et les autres acteurs de la classe politique parce qu’avant lui, l’impunité était garantie. Vous êtes acteur politique, vous avez des soutiens politiques, vous pouvez vous permettre tout et puis personne n’en parle. Depuis trois ans, tous les Béninois, même les admirateurs du Président Talon, vous diront que sur ce plan il ne faut pas blaguer avec lui. Vous prenez un franc de l’Etat, c’est sûr vous en répondrez. Pourquoi, c’est pour assainir la gestion de l’État et mettre davantage l’argent public au service de l’Etat.

Je ne vais pas en finir si je dois tout vous énumérer. Mais un dernier exemple. Vous êtes dans Cotonou, vous pouvez parcourir 8 autres villes du pays, vous verrez que le programme d’aménagement urbain, améliorer la voirie et le cadre de vie des populations est en cours. On l’appelle ici, le projet Asphaltage. Les rues sont bitumées ou pavées selon les cas. Depuis 60 ans d’indépendance, les seules rues asphaltées vraiment, remontent au début des indépendances. Après, ça a été des programmes mineurs. Mais là, pour une fois, on a engagé un vrai programme d’amélioration de la voirie urbaine pour améliorer la mobilité, faciliter la circulation aux populations et tout cela, est de nature à porter aussi la croissance.

Vous retiendrez donc que la perfection n’est pas facile parce que nous sommes sur la terre des humains. Nous comprenons aussi que parfois les populations jugent que le Président il va trop vite. Il veut tout faire et tout de suite mais nous savons aussi qu’il y a tellement d’urgences pour ne pas dire que tout est urgent qu’il ne faut pas se ménager. Et c’est exactement ce à quoi le Président Talon est en train de s’atteler.

Propos recueillis et transcrits par l'Agence de Presse (©Afreepress mai 2019)

 

 

©AfreePress-(Lomé, le 14 juin 2019)- Les rideaux sont tombés vendredi 14 juin 2019 sur le 1er Forum économique Togo-UE, organisé par le gouvernement togolais et l’Union européenne. Plus de 1000 participants ont pris part à cet évènement économique de deux jours dans la capitale togolaise.

Placé sous le thème : « Bâtir des relations économiques durables et pérennes entre l’Union européenne et le Togo », la rencontre a permis de mobiliser les investisseurs et opérateurs économiques autour de la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND 2018-2022). 

Les autorités togolaises ont en effet, profité de l'occasion pour présenter aux investisseurs européens présents à Lomé, les opportunités d’investissement et d’affaires qu’offre le Togo dans les différents domaines déclinés dans les trois (3) axes du PND.

Premier du genre au Togo, cette rencontre a également offert l’occasion au Président de la République, Faure Gnassingbé et son gouvernement de dévoiler les réformes majeures opérées par le pays dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires et de la facilitation des investissements au Togo.

A la clôture du forum, le Premier Ministre Komi Selom Klassou, représentant du Président de la République, a salué la forte participation des investisseurs européens et togolais à cette rencontre. « Ce forum a vu la participation de près de 1000 personnalités. Au départ, il était attendu 400. Nous avons eu deux fois plus de participants », s'est réjouit le Premier ministre.  

Pour le Chef du gouvernement, le forum dans son ensemble a été une « parfaite réussite ». « L’engagement de l’Union européenne à accompagner les investisseurs par la stimulation des investissements et le commerce pour une croissance, mais aussi la création d'emplois durables, le lancement de la chambre de commerce européenne au Togo, la signature du mémorandum d’accord entre la Chambre de commerce et d’industrie du Togo et la chambre de commerce et d'industrie de l’Union européenne, la validation de 141 projets bancables retenus sur 400 présentés dont le montant global s’élève à 1,3 milliards d’euros, soit 852 milliards de FCFA en deux jours, sont entre autres le reflet de cette réussite », a-t-il laissé entendre.

L’ambition du Togo, a rappelé aux investisseurs M. Komi Selom Klassou, est de devenir dans un avenir proche, un pays émergent résolument tourné vers la modernité, disposant d'une base solide pour développer une économie apte à la compétition internationale et capable de promouvoir le développement humain durable avec à la clé, la création de 500 000 emplois et une croissance de 6,7%.

Il faut rappeler que la réalisation du PND, nécessitera 4 622 milliards de FCFA avec une contribution à hauteur de 65% du secteur privé.

« Le présent forum de par sa réussite, notamment les espoirs qu’il suscite, vient confirmer qu’au regard de l’attractivité du pays, surtout le climat de paix et de sécurité qui règne au Togo, nous allons pouvoir ensemble mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du PND », a indiqué le Premier Ministre.

Raphaël A.

©AfreePress-(Lomé, le 14 juin 2019)- C’est parti pour quinze (15) jours. La campagne électorale en vue des élections des conseillers municipaux a été officiellement lancée jeudi 13 juin 2019 par le Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Tchambakou AYASSOR sur l’ensemble territoire national.

Dans un message adressé aux partis politiques, aux regroupements de partis politiques et aux candidats indépendants en lice pour ces élections municipales, le président de l’institution est revenu sur le nombre de listes de candidatures accepter par la Cour Suprême le 5 juin dernier et parmi lesquels, seront élus les futurs conseillers municipaux.

« Au total, 565 listes sur 643 sont retenues pour l’élection de 1527 conseillers municipaux sur l’ensemble du territoire national », a rappelé le Président de la CENI. « Les élections des conseillers municipaux du 30 juin 2019 seront précédées, comme il est de tradition, par une campagne électorale conformément aux dispositions de l’article 68 du code électoral et du décret N°2019-072/PR du 7 mai 2019. En effet, cette campagne s’ouvre demain vendredi 14 juin 2019 à 00 heure 00 pour s’achever le vendredi 28 juin 2019 à 23 h 59 », a déclaré le Président de la CENI.

Pendant quinze jours, a-t-il souligné, les candidats inscrits sur les listes des partis politiques, des regroupements de partis politiques et des groupes de candidats indépendants, sillonneront les communes où ils sont en lice pour les élections des conseillers municipaux, dans le but de convaincre l’électorat.

« Cette opération de charme est un moment déterminant, voire crucial pour notre pays dans sa ferme volonté de poursuivre le raffermissement de ses acquis démocratiques et du consensus des acteurs politiques autour des valeurs à dimensions politique et sociale qui font la fierté de notre peuple, au plan national et local », a-t-il précisé.

La CENI a rappelé particulièrement aux entités en compétition, la nécessité de tenir pour de rigueur l’observation des principes de « respect mutuel, de « courtoisie », de « tolérance », de « non-violence » et du « vivre ensemble ».

« Il est de notre devoir à tous de faire en sorte que les élections municipales du 30 juin 2019 soient une opportunité pour conforter, malgré nos divergences notamment politiques, la richesse de notre diversité à bien des égards ainsi que la stabilité et la paix sociale chères à notre pays. Ayons donc tous un comportement citoyen afin de pouvoir créer des espaces de liberté de choix pour garantir un scrutin libre et transparent », a ajouté M.AYASSOR.

Il a pour finir, appelé au sens élevé de responsabilité des candidates et des candidats, qui selon lui doivent inscrire toutes leurs activités de campagne dans le respect strict de la loi électorale, en observant entre autres, les dispositions des articles prévus par le code électoral afin de permettre un bon déroulement du processus.

Raphaël A.

 

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