mardi, 21 août 2018 21:02

Dossier/La part de l’artisanat dans la croissance économique du Togo en chiffres et en lettres

©AfreePress-(Lomé, le 21 août 2018)- L’artisanat se définit comme toute activité de production, d’extraction ou de transformation de biens et de prestation de services dont le travail et l’habileté manuelle occupent une place prépondérante. Au Togo, l’artisanat participe fortement à la réduction de la pauvreté et du sous-emploi.

Selon les chiffres rendus publics par le ministère du Développement à la base, de l'Artisanat, de la Jeunesse et de l'Emploi des jeunes du Togo, l’artisanat est un important secteur pourvoyeur d’emplois et générateur de revenus. C’est un efficace outil contre la pauvreté et surtout, de relance de l’économie nationale.

Concrètement, indiquent les chiffres, l’artisanat contribue à hauteur de 18% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) au Togo et à hauteur de 20% à la réduction du déficit de la balance commerciale.

Le secteur artisanal emploie selon les chiffres disponibles, plus de un (01) million de personnes. En moyenne vingt mille (20 000) nouveaux diplômés sont formés chaque année par ce secteur.

L’ambition affichée par le ministère en charge de l’artisanat est de doter le Togo d’entreprises artisanales compétitives reconnues sur le plan international et bénéficiant de mesures d’accompagnement adéquates et contribuant notablement à la valorisation du patrimoine national et à la croissance de l’économie nationale.

Les programmes et instruments mis en place pour aider l’artisanat

Pour réussir ces ambitions, plusieurs outils et instruments ont été mis en place par le gouvernement à l’instar de la Politique nationale de développement de l’artisanat (PNDA) élaborée et approuvée par le gouvernement en conseil des ministres le 25 mai 2011 et dont la finalité est de faire de l’entreprise artisanale, une vraie unité pourvoyeuse d’emplois et créatrice de richesses.

L’autre objectif de cette politique, est de doter les artisans togolais de capacités techniques, matérielles et financières suffisantes pour faire de l’artisanat un secteur bien organisé capable d’assurer, de manière durable à l’horizon 2030, la prospérité des artisans individuels ou regroupés, des entreprises artisanales compétitives sur la scène internationale regroupant des hommes et femmes respectueux de l’environnement, bénéficiant de mesures d’accompagnement adaptées et contribuant notablement par leurs productions, à la valorisation du patrimoine national, à la croissance de l’économie nationale et au bien-être social.

Des axes stratégiques ont aussi été définis par les autorités togolaises pour parvenir à atteindre ces résultats. Ces axes portent entre autres, sur le renforcement du cadre légal, réglementaire et institutionnel de l’artisanat togolais, l’accès des produits et services artisanaux aux marchés national et international, le développement d’un mécanisme approprié de protection sociale et l’amélioration du système de pilotage et de coordination du secteur de l'artisanat togolais.

Le code de l’artisanat togolais et le code communautaire de l’UEMOA, adoptés respectivement en 2012 et 2014, font partie des outils mis en place par le gouvernement pour atteindre ces résultats. L’objectif, soutient-on au ministère de l’Artisanat, est la création d’un cadre juridique à même d’organiser le secteur et d'aider les artisans togolais à exercer au mieux, leur métier tout en améliorant leurs conditions de vie et de travail.

Ces codes organisent l’apprentissage et les qualifications professionnelles, prônent l’assurance maladie et la protection sociale des artisans, tracent des voies d’accès aux marchés publics favorables aux artisans, proposent des structures professionnelles d’artisans en tenant compte de l’intégration sous régionale.

Il faut rappeler que les artisans togolais dépendent du ministère du Développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Un ministère qui œuvre pour le développement du secteur à travers sa direction de l’artisanat et des autres structures rattachées que sont les Chambres Régionales des Métiers (CRM).

Toutes ces structures sont chargées de veiller à l’application de la règlementation propre aux activités, professions, coopératives et entreprises artisanales et d’assurer la promotion locale et internationale des produits artisanaux par un encadrement approprié.

Le but de tous ces efforts, indique le ministère du Développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes est d’accompagner ce secteur à être à même d’assurer de manière durable à l’horizon 2030, la prospérité des artisans et relancer ainsi la croissance économique.

Des investissements à la hauteur des ambitions du Togo

Plus de 8 milliards de F CFA ont été investis dans le secteur pour son renforcement. Précisément 3,8 milliards Fcfa de crédits ont été débloqués en l’espace de 6 ans (2011 à 2017) en faveur des artisans, 2,7 milliards ont été octroyés à travers le produit « Accès des Jeunes aux Services Financiers (AJSEF) aux jeunes acteurs de ce secteur, 965 millions investis dans la réalisation de projets et près de 4 milliards au titre de kits d’outillage offerts aux jeunes artisans.

53.360. C’est le nombre d’artisans enregistrés par le système d’information sur l’artisanat (SIA) qui est une banque de données mise en place par le gouvernement pour soutenir les artisans à contribuer au développement du secteur. 27 Centres de ressources pour l’artisanat (CRA) ont été créés et consacrés aux artisans. Ils sont dédiés à la mutualisation de leurs équipements et de leurs ressources.

Toujours sur la même période, 20.897.296 artisans ont été formés en techniques de création et de gestion des PME et en Perfectionnement professionnel, 9.936 Kits de travail ont été fournis aux jeunes artisans, 11.252 projets d'artisans ont été financés et 2.913 Artisans ont participé à différentes foires nationales et internationales à l’instar du Salon Nationale de l’Artisanat (SANA) en voie de restructuration et de redynamisation par le ministère en charge de l’Artisanat. 2.913 artisans ont participé à ce salon.

Il est également envisagé le renforcement du cadre légal, réglementaire et institutionnel, le renforcement de l’accès des produits et services artisanaux aux marchés, le développement d’un mécanisme approprié de protection sociale, et l’amélioration du système de pilotage et de coordination de l'artisanat national.

C’est dans ce sens que le code togolais de l’artisanat et le code communautaire de l’UEMOA ont été adoptés respectivement en 2012 et en 2014. Les deux instruments sont complémentaires et permettront de créer un cadre juridique pour l’exercice du métier de l’artisanat en améliorant les conditions de vie et de travail des artisans, soutiennent les techniciens du domaine.

Les réussites togolaises en matière d’artisanat

Plusieurs artisans togolais se sont fait connaître au pays et à travers le monde grâce à leur travail et à la qualité de leurs produits. Au rang de ceux-ci, il y a Essy Kodjo, diplômée de HEC Montréal et ancienne fonctionnaire au Canada spécialiste des perles et pagnes.

La fondatrice et designer de la marque « Perles & Pagnes » gère une entreprises spécialisée dans 3 gammes à savoir la gamme corporate composée des outils conférenciers tels que les blocs-notes, porte-documents, les porte-chéquiers, les porte-cartes et les étuis de téléphone etc. La gamme “Accessoire”, composée de sacs à mains, de chaussures et de bijoux, et la gamme “home”, regroupant des articles pour la maison comme les coussins, des poufs, des nappes, des chemins de lit, des dessous de verres, des étuis à bouteilles de vins, et bien d’autres encore.

Grâce à la qualité de son travail, elle passe désormais sa vie entre son atelier à Lomé, ses boutiques dans la sous-région et les expositions ventes dans le monde entier.

Le club des Métiers et Arts de Mablé Agbodan qui est un designer et décoratrice d’intérieur togolaise. Ce centre a été mis en place, selon sa fondatrice, pour valoriser l’artisanat togolais en proposant des produits «made in Togo» de qualité respectant les standards européens, favoriser l’intégration économique de jeunes artisans diplômés en quête de solutions pour vivre de leur métier.

« Perfectionniste sur les bords, Mablé voulait avoir au pays une équipe pour pouvoir travailler comme on le fait en Europe avec une finition assez particulière en insistant sur la qualité de la matière afin d’avoir des produits raffinés qui intéressent le marché Européen en gardant le côté authentique qu’est la touche africaine. L’ambition de Mablé ? Créer un club des Métiers et Arts  dans chaque région du Togo en fonction des particularités artisanales de ces régions tout en aidant les jeunes artisans défavorisés et amener les Togolais à consommer les produits qui sortent de son atelier », rapportent ses proches.

L’autre talent dont-on parle beaucoup dans le secteur, c’est Mama Soumana âgé de 39 ans qui a  développé très vite, une passion pour le pagne tissé africain.

« J’ai débuté en 2006 avec un montant de 30.000 FCFA que j’ai reçu de ma mère. Et en ce moment, c’est sous un manguier que je travaillais. Je suis convaincu que nous sommes capables de produire Togolais et consommer Togolais voire habiller les autres pays africains », croit M. Soumana qui a fait du pagne tissé, son gagne-pain après avoir bénéficié d’un financement de 1 million de FCFA du Fonds d’Insertion des Jeunes puis de 4,5 millions de FCFA du Fonds d’appui aux Initiatives économique des jeunes (FAEIJ) pour installer le Centre artisanal et de formation en tissage (CAFTIS) de Dapaong en 2014. Suivront six autres centres de formation avec aujourd’hui plus de 120 apprenants. En 4 ans, avec son équipe de 16 personnes, Mama Soumana a permis à 100 jeunes togolais d’obtenir leur Certificat de fin de formation (CFA) et de devenir à leur tour, des patrons.

Il est 7ème prix du meilleur entrepreneur PRADEB-FAEIJ en 2016, et 3ème prix l’année suivante et a été fait « Chevalier de l’ordre national du mérite » à la veille du 57ème anniversaire de l’indépendance du Togo.

Organisation du secteur

Le secteur artisanal togolais est organisé en plusieurs branches ou catégories d’activités professionnelles. Huit (08) exactement. Il s’agit de la catégorie B1 qui regroupe les acteurs de l’Agroalimentaire, l’alimentation et la petite restauration. La catégorie B2 rassemble les travailleurs des Mines et carrières, de la construction et des BTP. La catégorie B3 est occupée par des personnes spécialisées dans la Fabrication métallique, la mécanique et l’électromécanique. La catégorie B4, regroupe les activités liées au Bois et assimilés, le mobilier et l’ameublement. Les spécialistes des Textile, de l’habillement, de la cordonnerie sont regroupés dans la catégorie B5 et ceux de l’audiovisuel et de la communication occupent la catégorie B6 tandis que les personnes s’occupant de  l’Hygiène et des soins corporels trustent la catégorie B7. La catégorie B8 comprend les professionnels de l’artisanat d’art.

Olivier A.

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