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mercredi, 14 août 2019 07:11

Une mafia dans les marchés de Lomé : Les commençants asphyxiés par le phénomène de la sous-location

©AfreePress-(Lomé, le 14 août 2019)- L’établissement public et autonome pour l'exploitation des marchés (Epam) est la structure, la seule investie du droit de gérer les marchés de Lomé. Elle a sous sa tutelle, une trentaine de marchés qu'elle entretient et dans lesquels elle loue des espaces de vente et boutiques aux particuliers.

Au marché d'Adawlato (Assiganmé) par exemple, la location des espaces non couverts se négocie entre 3500 FCFA les 3 m2. Au marché d'Attikpodji, ce prix varie entre 2500 et 3000 F CFA. A Kégué cette location oscille entre 2500 à 5000 F CFA par mois tandis qu'à Hédzranawoé et Agbadahonou le prix va de 1000 F CFA à 3500 FCFA. C'est là une grille arrêtée par les services de l'Epam en fonction des espaces et de l'importance du centre commercial concerné.

Cependant, force est de constater que l'Epam ne profite pas du tout, ou très peu de la manne générée par ces espaces mis en location et pour cause, des individus attirés par le gain facile ont fait main basse sur le business.

Le phénomène de la Sous-location

Une descente d'une équipe de l'Agence de presse Afreepress sur le terrain a permis de toucher du doigt la réalité du phénomène qui dessert autant l'Epam que les commençantes et commerçants occupant les places mises en location. La sous-location consiste pour un individu à négocier une place avec l'Epam qu'il remet plus tard en vente à des tiers moyennant rémunération mensuelle. Ces personnes parfois taxent plus plus fortement ces espaces et se permettent à tout moment de changer les clauses du contrat ou d'occupant au gré de leurs intérêts et de leur humeur du moment.

Le phénomène s'étend à presque tous les marchés de la capitale et prend une forme d'escroquerie préjudiciable à l'Etat et aux commençants. Mais de peur d'être renvoyés de leurs lieux d'affaires, ils sont peu, ces commerçants qui acceptent de témoigner à visage découvert et de livrer les noms de leurs bourreaux. Adawlato, Attikpodji, Hédzranawoé, cette mafia a réussi à sous-louer les espaces de vente dans ces centres de commerce à 10.500 voire plus aux commençants et réclame des cautions de 24 mois et plus avec l'interdiction formelle d'en parler. Et comble de malheur, il arrive parfois que l'Epam réclame à son tour aux victimes, des frais pour la place occupée. Tout cela ajouté aux frais connexes des tickets et taxes. Ces occupants se disent asphyxiés et crient leur désarroi. « Nous avons peur de dénoncer cela. C'est aussi très récemment que nous avons compris la pratique et découvert que les personnes qui nous ont loué les places ne sont pas les vrais propriétaires. Depuis que l'Epam nous a sensibilisés, nous ne payons plus doublement mais nous sommes menacés par ces propriétaires. J'ai même une convocation d'un huissier que j'ai transmise à l'Epam qui m'a rassuré », confie un commençant sous le sceau de l'anonymat à qui ces individus véreux louent à 91.000 F CFA une boutique qu'il ont acquise auprès de l'Epam à 21.000 F CFA. Ils empochent grâce à cette manoeuvre, une différence de 70.000 F CFA le mois.

« Je suis installée à côté d'une femme. A la suite de sa maladie, ses enfants ont décidé de me louer sa place. Je payais 10.000 F CFA à la fin du mois et je payais également les taxes de 3500 F CFA à l'Epam. Mais quelques temps après, ils m'appellent pour me demander de libérer la place qu'ils ne veulent plus l'arrangement de 10.000 F CFA à la fin du mois. Ils demandent un contrat sur 5 ou 6 ans avec versement d'une caution correspondant à cette période. Or c'est la place de l'Epam. Nous demandons à l'Epam de régler au plus tôt cette situation en rappelant à l'ordre ceux qui s'adonnent à ces genres de comportement. Il y a plein de commerçants dans ce cas », rapporte une autre victime rencontrée par l'Agence de presse AfreePress.

« Nous sommes installées dans ce marché depuis notre tendre enfance. Nous occupons les trottoirs et nos mères à cause du problème de place ont été contraintes de laisser tomber le commerce. J'ai une fois loué une place à 20.000 F CFA alors que l'Epam loue ces mêmes places à 3500 FCFA. Parfois même nous payons des frais à l'Epam et aux autres privés. Nous souffrons trop de cette situation », témoigne une commerçante à bout de souffle qui appel l'Etat à l'aide.

Ce phénomène, de l'avis des victimes alourdit leurs charges mensuelles et participe à leur endettement. « La sous-location est une pratique que nous combattons à l'Epam », confie une source rencontrée au sein de cette structure. Cette pratique, poursuit cette source, remet en question les efforts de l'Etat de fixer des prix à la portée des couches sociales les plus défavorisées. « La construction des marchés à un caractère social. C'est d'ailleurs par mauvaise foi que certains concitoyens entretiennent cette pratique car le fait d'occuper en premier un espace de vente dans un marché ne fait pas de vous des propriétaires. Les espaces de vente appartiennent à l'Epam et ne peuvent être cédés ni vendus par un occupant qui décide de ne plus les exploiter. Ce dernier devrait obligatoirement informer nos services », poursuit cette personne.

Selon l'Epam, une campagne de sensibilisation et d'information a été lancée depuis l'arrivée de la nouvelle Directrice de l'Epam à la tête de cet établissement. Mme Somialo Potcholi-Kadja convie à travers cette campagne, les commençantes et commerçants à s'adresser directement à l'Epam pour la location des boutiques et espaces appartenant à l'Etat. Elle combat la différence de prix des espaces et boutiques dans les marchés et prévient les contrevenants contre des poursuites judiciaires.

A.Y.

 

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