lundi, 07 janvier 2019 07:50

Fulbert Atisso conseille à la C14 une remise en cause de ses méthodes et stratégies avant toute reprise des manifestations

©AfreePress-(Lomé, le 7 janvier 2019)- Au lendemain des élections législatives du 20 décembre 2018, la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14) a laissé entendre qu’elle entamait une nouvelle phase de sa lutte. Cette nouvelle phase, a-t-elle annoncé, va consister à mettre ensemble la société civile, les formations politiques acquises à l’opposition et des citoyens, pour créer un vaste mouvement citoyen.

Mais tous les leaders membres de ce regroupement ne partagent pas forcément cette approche. C’est le cas de Fulbert Attisso, président national du parti « Le Togo autrement ».

Dans un message rendu public le 5 janvier 2019 et adressé à ses camarades de lutte de la C14, Fulbert Attisso dresse un bilan sommaire du combat que mène ce regroupement et présente une analyse critique de la nouvelle stratégie mise en place. Selon Fulbert Attisso, le mouvement citoyen annoncé « ne doit pas consister à créer une structure unique qui rassemblerait la C14 et plusieurs autres organisations politiques et de la société civile ». Une telle structure, pense-t-il, serait difficile à gérer. « Le mouvement citoyen doit être un dynamique tout azimut de structures indépendantes qui agissent toutes dans la mobilisation avec la possibilité pour chacune d’elle de jouer sa partition dans la lutte », propose-t-il.

Dans son diagnostic des maux dont souffre l’opposition togolaise, Fulbert Attisso met tout d’abord en avant le manque de « principes ». « Les forces politiques et celles de la société civile qui travailleront pour faire aboutir la lutte populaire doivent se donner des principes. Il existe partout des principes qui guident toute lutte politique ; et ils sont : l’honnêteté, l’intégrité, le travail, la rigueur, etc. Au Togo, la lutte politique ne s’accommode pas beaucoup de ces principes sans lesquels la victoire est difficile, voire impossible. Toute lutte politique revêt un côté spirituel qui demande, si l’on veut avoir la faveur de la providence, qu’on affiche une intégrité à toute épreuve vis-à-vis de l’adversaire », analyse-t-il.

Il faut, conseille-t-il aux leaders de l’opposition, changer d’approches et d’attitudes. « Nous devons, décider de changer nous-mêmes, avant de vouloir changer le pays ». « Nous ne pouvons pas faire triompher nos idéaux si nous portons les mêmes tares que nos adversaires, et si notre lutte se résume à dire « ôtez-vous du pouvoir pour que nous nous y portions » », poursuit le message.

Le constat d’échec des stratégies de la C14

L’autre question abordée par l’essayiste est l’échec évident du combat mené depuis le 17 août 2017 par la C14. Il y a forcément une méthode et des stratégies qui n’ont pas bien fonctionné qu’il est important de questionner et de juger de la pertinence au regard des réalités de la politique togolaise.

Il invite ses camarades de lutte à s’interroger sur le principal moyen de lutte utilisé jusqu’ici. C’est-à-dire la marche.« Il est difficile d’admettre qu’on ait pu mobiliser ce monde pour retourner à la case départ. La case départ ou l’éternel recommencement, ce sont les marches populaires avec lesquelles les forces démocratiques veulent renouer. Alors, pourquoi les avoir suspendues au moment même où elles étaient à leur pinacle ? La promesse d’un 28e dialogue politique, après l’échec de 27 tentatives, était-elle suffisante pour amener la C14 à accepter de rengainer pendant que le régime avançait dans l’organisation des élections législatives ? », s’interroge-t-il avant de dénoncer ceux qui tirent fierté du « boycott massif » des élections pour justifier la lutte et parler de victoire des forces démocratiques. Ceux-là ne sont pas « sincères et francs » et ne donnent pas l’occasion d’une remise en cause de la méthode et des stratégies qui ont été déployées sur les dernières périodes, dit-il.

Il propose à la place à la C14 de faire un « aggiornamento (mise à jour de sa stratégie) » avant de se lancer dans d’autres manifestations. Dans le cas contraire, « nous nous inscrivons une fois encore dans l’éternel recommencement », écrit-il.

A.Y.

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