dimanche, 29 janvier 2017 12:31

Interview de Gilbert Bawara : « A ce jour, c’est pratiquement la totalité des enseignants auxiliaires qui ont bénéficié des actes de nomination »

©Afreepress-(Lomé, le 29 janvier 2017)- Après la mise en place le 18 janvier dernier par le premier ministre Komi Sélom Klassou du groupe de travail chargé de réfléchir sur les problèmes et préoccupations du secteur de l’éducation et rechercher des solutions, les membres de ce groupe ont eu une séance de travail vendredi à Lomé. Séance à laquelle a pris le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme Administrative, Gilbert Bawara.

A la fin des travaux, celui-ci a relaté à l’Agence de Presse Afreepress, les principaux points qui ont été discutés par les participants composés de représentants du gouvernement et des syndicats de l’éducation ainsi que de l’association des parents d’élèves.

Afereepress : Bonjour M. le ministre. De quoi avez-vous parlé concrètement au cours de cette réunion d’échanges et à quoi ont abouti vos discussions ?

Gilbert Bawara : Comme vous le savez, le 18 janvier dernier, le Premier Ministre en personne avait lancé les travaux du groupe qui a été mis en place pour réfléchir de manière beaucoup plus approfondie sur les problèmes et les préoccupations qui minent le secteur de l’éducation et essayer de rechercher des solutions consensuelles. Après ce lancement le 18 janvier dernier, nous nous sommes retrouvés dans cette même salle le 25 janvier 2017 pour entamer nos discussions véritablement.

Et la séance du 25 janvier a permis d’apporter des précisions concernant le contexte de la mise en place du groupe de travail. Comme chacun de nous le constate, actuellement le secteur éducatif est affecté par des mouvements de grève et des perturbations. Et à l’évidence, ces perturbations et ces grèves sont révélateurs et symptomatique de problèmes et de défis que nous devons chercher à résoudre afin de ramener la sérénité et le calme dans les activités scolaires et assurer un fonctionnement harmonieux de notre système éducatif et surtout garantir son efficacité et sa qualité.

Nous avons également à l’occasion de notre séance de travail du 25 janvier, apporté des précisions concernant la composition du groupe de travail. Et ensuite nous avons convenu de la périodicité de nos réunions, nous allons essayer de nous réunir au moins deux fois par semaine et autant de fois que de besoin en fonction des circonstances. Nous avons également adopté un ordre du jour  ou agenda concernant les préoccupations et les problèmes qui feront l’objet de nos échanges et de la recherche des solutions. Et au titre de cet agenda, nous allons en premier lieu discuter de manière prioritaire concernant les préoccupations et les revendications qui sont à l’origine des mouvements de grève actuels sur le terrain en espérant que cela permet d’apaiser la situation et de ramener le calme. En deuxième lieu, nous discuterons des préoccupations et des questions touchant à l’enseignement privé confessionnel. Et en troisième lieu il y a d’autres préoccupations, il y a d’autres défis qui méritent d’être discutés et qui méritent également de faire l’objet de recherche de solutions en vue d’atteindre les objectifs que nous avons indiqués tout à l’heure : assurer une meilleure qualité, une meilleure efficacité à notre système éducatif. Au cours de notre précédente séance, nous avons entamé concrètement nos travaux et nos discussions avec pour premier point les préoccupations et les revendications qui sont à l’origine des perturbations des grèves actuelles. Nous avons étayé ces préoccupations et ces revendications qui concernent le reversement de l’intégration des enseignants auxiliaires. D’autres diraient l’extinction de cette catégorie d’agent de l’Etat. La question des cotisations ou des prélèvements qui auraient été opérés sur les traitements de certains enseignants auxiliaires avant leur intégration dans le corps des fonctionnaires dont les bénéficiaires ne semblent pas avoir jouit. En troisième lieu la question de l’adoption du statut particulier et de ses effets. Et en quatrième lieu, le problème des affectations dites punitives.

Nous avons évacué et vidé complètement les deux premiers sous-thèmes. La question des enseignants auxiliaires, les informations détaillées, complexes ont été apportées par le gouvernement. A ce jour, c’est pratiquement la totalité des enseignants auxiliaires qui ont bénéficié des actes de nomination. Je crois savoir qu’on doit se situer autour de 13 000 enseignants auxiliaires qui sont devenus désormais des fonctionnaires. Les actes de nomination ont été signés. Nous avons travaillé avec les centrales syndicales, avec les fédérations des syndicats du secteur de l’éducation, avec les directeurs régionaux de l’éducation, avec les inspecteurs et les chefs d’établissement pour faire en sorte que chaque enseignant entre en possession de son acte de nomination et ce travail est en cours.

Pouvez-vous nous dire que plus rien ne reste à faire à ce niveau ?

Gilbert Bawara : Bien attendu il reste encore quelques éléments à régler. Le premier élément à régler c’est de travailler étroitement avec le ministère chargé des finances pour que les effets financiers puissent rapidement être concrétisés. En toute hypothèse, ces actes de nominations prennent effet à compter du 1er janvier 2017. Donc il n’y a pas de préoccupation, il n’y a pas de  crainte à avoir. Même si il y a un léger décalage. Dans la jouissance des effets financiers, il y aura un rappel et tous les effets iront naturellement et intégralement en faveur des bénéficiaires. Donc le gouvernement voudrait profiter pour saluer le travail qui a été fait par la fédération et aussi par les centrales syndicales mais également par les directeurs régionaux de l’éducation, les inspecteurs et les chefs d’établissements justement pour accélérer ce processus. Nous avons également pratiquement vidé la question des prélèvements et des retenus sur les salaires de certains enseignants auxiliaires en mettant en place une petite cellule qui comprend des membres du groupe de travail et cette cellule va travailler avec la caisse de retraite du Togo, avec la caisse nationale de sécurité sociale et avec les ministères chargés des enseignements primaires et secondaires et le ministère des Finances  pour nous permettre d’élucider définitivement cette situation, de voir ce dont il s’agit, et bien attendu s’il y a des propositions de mesures qui doivent être prises pour permettre aux personnes concernées de jouir intégralement des droits qui auraient été floués, des mesures seront prises.

Aujourd’hui nous avons poursuivi nos discussions avec la question des affectations et mutations des enseignants. Il est apparu qu’il avait quelques préoccupations de la part des fédérations et des centrales syndicales. Quant à certains des membres de leur bureau qui auraient été affectés abusivement si par interprétation. Les ministères chargés des enseignements primaires et secondaires et de la formation professionnelle et le gouvernement dans son ensemble ont affiché une disponibilité totale, une ouverture pour examiner ces cas avec les centrales et les organisations syndicales concernées. Nous avons également convenu qu’il conviendrait de préciser, d’adapter et d’actualiser les règles et les procédures régissant l’affectation et la mutation  des enseignants notamment en tenant compte de la réglementation qui existe mais en étant aussi soucieux de retenir les préoccupations qui peuvent être exprimées par nos partenaires sociaux, les organisations syndicales. Et ce travail va se poursuivre. C’est un travail de concertation. Et le gouvernement veillera à ce qu’autant que faire se peut, lorsque certaines affectations peuvent être évitées, ça soit fait. Mais il faut aussi tenir compte des besoins et des exigences de service et de la nécessité d’assurer une présence effective et équitable du personnel enseignants à travers le pays. Et enfin, nous avons continué nos discussions sur la question du statut particulier.

Nous avons convenu de poursuivre intensément les discussions  la semaine prochaine concernant cette question du statut particulier. L’objectif étant de s’assurer que nous avons la même compréhension de ce dont il s’agit et notamment du contenu  pour donner à ce statut particulier de telle sorte que nos frères et sœurs togolaises et togolais qui ont choisi le métier de l’enseignement, l’encadrement de notre jeunesse et de nos enfants, aient le sentiment d’une reconnaissance de la nation  pour le travail qu’ils sont en train d’effectuer. Et donc ce travail se fera sereinement comme nous l’avons fait depuis  le début de nos travaux.  Nous espérons que cela va déboucher sur des propositions d’orientation et des recommandations que le gouvernement se chargera d’analyser et de voir comment il peut donner  une concrétisation aux mesures soutenables et possibles qui auraient été recommandées. Voilà un peu le déroulement de nos travaux.

Y a-t-il matière à satisfaction ? Croyez-vous que vous tenez le bon bout ?

 Gilbert Bawara : Du côté gouvernemental, nous pouvons dire que nous sommes pleinement satisfaits du déroulement des travaux et de la contribution qui a été apportée aussi bien par  les centrales syndicales, les fédérations des syndicats du secteur de l’éducation, les représentants des enseignements confessionnels, la coalition nationale pour l’éducation pour tous, la fédération des associations des parents d’élèves du Togo et bien en attendu  sur certaines questions particulières s’ils s’avèrent que des acteurs qui ne sont pas membres du groupe de travail peuvent apporter une contribution, nous n’hésiterons pas à faire appel à eux. Je voudrais enfin souligner le fait que nous bénéficions de l’accompagnement des partenaires techniques et financiers. C’est vrai aujourd’hui ils ne sont pas présents, ils ne sont pas membre du groupe de travail, mais ils ont la possibilité d’assister à nos discussions et de nous apporter leur avis et éclairages.

Est-ce maintenant certain qu’à cette allure il n’y aura plus perturbation des travaux dans l’enseignement ?

Gilbert Bawara : Nous serions des devins si nous disons qu’il n’y aura plus de perturbations. Mais quand vous voyez l’état d’esprit qui nous anime autour de la table ici, l’ensemble des acteurs concernés, vous voyez qu’il y a un souci d’apaisement. Donc nous espérons que cet esprit-là va se répercuter sur l’ensemble des acteurs notamment les enseignants. Que chacun va œuvrer pour le retour à la sérénité et à l’apaisement. Nous pensons qu’il n’y a plus de justifications pour continuer à faire les grèves à partir du moment où il y a une volonté, qu’il y a un engagement de prendre le problème à bras le corps et surtout de rechercher des solutions durables et pérennes et c’est ce que nous essayons de faire.

Nous profitons de vos pages pour lancer un appel à l’apaisement et à la sérénité et si malgré cet appel il devait néanmoins y avoir des grèves, nous souhaitons que les débordements qui ont pu être constatés soient évités et notamment les actes de violence qu’il s’agisse des actes de violence à l’encontre d’autres enseignants qui choisissent librement de ne pas faire grève ou d’attitudes qui pouvait amener nos enfants à se déverser dans les rues. Même des violences qui peuvent être portées sur les enseignants ce qui est déjà arrivé et des mesures sévères sont en train d’être prises pour l’atteinte aux emblèmes nationaux. Tout ça doit  être évité. Donc c’est un appel à l’apaisement, au dialogue et à la concertation. Un appel à faire confiance au travail qui est en train d’être réalisé ici dans un esprit de responsabilité

Les enseignants réclament aussi quatre primes est-ce que cela est aussi pris en compte ?

Nous avons compris que la question des primes est liée à la question de statut particulier. Il faut s’accorder sur le contenu de ces statuts particuliers pour en avoir une bonne compréhension et sur cette base-là, nous sommes ouverts à la discussion pour voir ce qui peut être fait. 

Propos recueillis par Théophile K. 

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