vendredi, 14 décembre 2018 09:04

Interview de Fiacre Ayao ATSOU, tête de liste du mouvement « Bâtir » dans le Grand Lomé : «  Nous ne sommes ni pour la violence, ni pour la politique de la chaise vide »

©AfreePress-(Lomé, le 14 décembre 2018)- La campagne électorale a démarré timidement depuis le 4 décembre 2018 et poursuit son bonhomme de chemin. De toute la panoplie de mouvements indépendants qui participent à ce scrutin, un groupe semble sortir du lot la liste « Bâtir » du Grand Lomé. Selon ses partisans, ce groupe « tient un discours rassurant et crédible » qui prend en compte les aspirations profondes du peuple.

La tête d’affiche du groupe indépendant « Bâtir », Fiacre Ayao ATSOU interviewé se dit conscient du rôle d’innovation et de conciliation que doit désormais jouer la jeunesse togolaise pour le développement du pays. Il revient dans cet entretien sur les réelles motivations de son groupe et ses attentes à l’issue de ces élections. Lisez plutôt...

Bonjour M. Fiacre Ayao ATSOU. Présentez mieux votre groupe à la population togolaise.

Fiacre Ayao ATSOU : Je voudrais, au nom des initiateurs et ami(e) s de « Bâtir », dire que nous sommes une bonne frange de la jeunesse togolaise des deux sexes, du Nord au Sud, et de l’Est et de l’Ouest, soucieux d’amener les parents à recentrer le débat sur la nécessité de privilégier le développement de notre nation. Nous pensons qu’enfin quelqu’un doit dire la vérité à la population togolaise, combattre le bon combat, celui de sortir de la confusion et d’œuvrer pour la vraie solution, qui selon nous, est de bâtir physiquement et spirituellement la nation togolaise et son cadre de vie.

Pourquoi participez-vous à une élection législative qui est boycottée par une partie de l’opposition, notamment la C 14 dont fait partie le chef de fil de l’opposition togolaise ?

D’abord permettez-moi de vous dire que nous ne sommes pas tout à fait à l’aise avec le modèle de l’opposition togolaise. Nous comprenons l’importance d’une opposition dans un régime démocratique. Mais ayant remarqué que les mêmes causes produisent les mêmes effets, depuis plus d’une vingtaine d’année dans notre pays, nous n’avons eu d’autres choix que de monter au podium pour montrer l’approche que nous proposons dans le but d’aboutir aux résultats d’alternance souhaités par tous, en procédant autrement.

Si le type de régime et de textes en vigueur au Togo donnent au pouvoir en place de retenir une date, et que nous ne réussissons pas à faire changer cette date, alors il y aura élections. Nous ne sommes ni pour la violence, ni pour la politique de la chaise vide, car dit-on, les absents ont tort. Nous ne pensons pas sage de continuer ainsi. Normalement, si on tente une approche plus d’une fois sans succès, il faut innover, il faut procéder autrement.

Nous comprenons la vision de la C 14, et leur choix de ne pas aller aux élections sans les reformes demandées par une bonne partie du peuple togolais. Personne ne peut les empêcher de jouir de leur droit de choisir.

Nous, nous sommes aussi pour les réformes, mais dans le respect des règles démocratiques et de la légalité. Si faire l’opposition c’est affamer les jeunes, les jeter au péril, sans se soucier de leur devenir, alors mettez-nous au centre. Nous sommes plus que jamais convaincus que le peuple a besoin d’une opposition constructive.

Alors, qu’est-ce qui motive votre participation à une telle élection finalement ?

C’est une décision qui émane du souci d’innover, tout en apportant notre pierre, aussi minime soit-elle, à la construction de ce pays. La C14 a opté pour le boycott et fait du report de ces élections son principal objectif aujourd’hui. Mais si le pouvoir ne recule pas, faudra-t-il continuer à les laisser avancer seuls et faire de ce pays ce qu’ils veulent. Allons-nous continuer à laisser l’Assemblée Nationale aux mains des mêmes personnes, sans chercher à apporter la contradiction pour un développement sur une base compétitive, beaucoup plus avantageux pour le peuple ? Je crois que non. C’est donc pour cette raison que nous avons jugé bon de participer à ces élections. Nous nous présentons à ces élections pour qu’une fois à l’Assemblée Nationale, nous puissions jouer un rôle de veille, de sentinelle qui alertera systématiquement la base et l’opinion sur les complots éventuels contre le peuple.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous participez à cette élection pour servir de béquille au pouvoir ?

Je comprends leur méfiance et leur présomption. Et je pense qu’il peut y avoir des listes indépendantes qui jouent à ce jeu. Mais je crois aussi qu’il est important de faire la part des choses et ne pas se laisser entraîner par ces déductions hâtives propagées sans doute par des gens proches aussi bien du pouvoir que de l’opposition pour discréditer notre engagement. C’est la fin qui justifie les moyens et je crois que nous serons tous comptables devant le peuple, un jour. Je comprends que notre engagement puisse déranger car il est citoyen et noble. Et cet engagement nous a même valu la prison, rappelez-vous, dans l’affaire du Mouvement Nubueké.

Sans calculs, nous allons avec foi et confiance, appeler le peuple togolais, femmes, hommes et jeunes, à voter « Bâtir », qui veut un meilleur devenir pour ces jeunes. A « Bâtir », nous ne voulons pas voir les jeunes dans la rue, dans la peur et la rage, mais nous voulons les voir à la table de négociation et de décision, en toute quiétude. Nous voulons profiter de leurs idées à l’Assemblée pour innover et faire la politique autrement.

Osons confronter dignement nos idées pour faire jaillir la lumière et « bâtissons la cité », notre hymne national nous le recommande.

Le contexte est critique, certes, mais rester les bras croisés et observer n’est certainement pas la solution. Il est important d’être présent pour empêcher le pillage et la destruction de ce pays, qui nous appartient à tous. Ce pays est dans un état comateux et de délabrement avancé et nous appelle à venir, ensemble, le bâtir. Il suffit de faire un tour dans les hôpitaux, dans des écoles et même dans nos administrations pour voir dans quelles conditions les gens travaillent. Face à ce petit tableau sombre, vous convenez avec moi que nous ne pouvons donc pas continuer avec la politique de la chaise vide.

Quelle sera donc votre mission une fois élu face à la majorité ?

Nous serons la voix des sans voix, comme nous l’avons toujours été, en privilégiant le dialogue et les débats d’idées au lieu de la violence sous toutes ces formes. Les jeunes femmes qui militent dans « Bâtir », dans un esprit d’égalité et de respect des droits humains, de la légalité et du respect des biens publics, ne le permettront d’ailleurs pas, car elles sont les premières victimes de l’Etat de non droit. Nous comptons utiliser notre place à l’Assemblée pour être la caisse à résonance de toute l’injustice qui se manigance au Parlement. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons réduire progressivement la mauvaise gouvernance qui est en train d’être érigée en règle d’or au sommet de ce pays cher à nous tous.

En un mot, nous voulons, tout en contribuant au vote des textes favorables au bien être de la femme et du jeune togolais, à la construction et au développement de notre cher Togo, être les yeux du peuple dans cette Assemblée, pour l’informer de tout ce qui s’y passe.

Appelez-nous, les rapporteurs du peuple, nous répondrons ! Nous sommes les jeunes togolaises et togolais, issus du bas peuple. Nous sommes de Dapaong, de Mango, de Kara, de Sokodé, de Kpalimé, de Niamtougou, d’Agoé, de Lomé, d’Aneho…etc… Nous sommes bien imprégnés des réalités de la base.

En nous envoyant à l’Assemblée, vous nous donnez le devoir de défendre ce peuple comme nous l’avons toujours fait au sein du mouvement citoyen Nubuéké dont nous avons été membres. Notre

combat au mouvement « Bâtir » vise à donner les mêmes chances à tous les togolais dans leur diversité, du nord au sud, de l’est à l’ouest.

Que chacun obtienne ce qu’il veut par mérite, quel que soit son appartenance ethnique ou religieuse. Une fois à l’Assemblée, nous voulons encourager, par nos votes, les grands travaux de construction

sur toute l’étendue du territoire nationale, pour donner du travail aux plus grand nombre, en particulier les jeunes, afin que sur le visage de nos populations, renaisse ce sourire innocent et rassurant.

Notre engagement au mouvement « Bâtir » est de jouer le rôle de sentinelle de la république aux côtés de tous les élus, surtout parvenir à faire changer les mentalités et les comportements, à faire naître le civisme et l’amour du prochain, à faire adopter la possibilité de faire la politique autrement, à travers un cadre approprié de partage et d’échange entre les membres, comme les filles et fils d’une même nation.

Votre mot de fin...

Nous invitons la population à dire non à l’injustice, à l’arbitraire en votant le mouvement « Bâtir » le 20 décembre prochain, pour un pays apaisé, véritablement démocratique et de prospérité partagée. OUI ! Nous pouvons y arriver en faisant autrement, en bâtissant ensemble comme les fils d’une même nation. Si les élections tiennent le 20 décembre, alors il faut sortir massivement voter « Bâtir », pour arrêter la violence verbale comme physique et se mettre au travail, à « Bâtir ».

Les jeunes veulent innover, montrer qu’il est possible de faire autrement.

Ne pas sortir, c’est voter pour le statu quo. Voter « Bâtir », c’est donner un carton rouge aussi bien au pouvoir qu’à l’opposition.

Sortons donc tous le 20 décembre pour voter « Bâtir ». Je vous remercie.

La rédaction

 

 

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