mercredi, 03 octobre 2018 07:39

Tchagnao Arimiyao, président du CONAPP : « Nous les journalistes, qui sommes des leaders d’opinion, nous devons continuer de nous former »

©AfreePress-(Lomé, le 03 octobre 2018)- La décrispation du climat sociopolitique au Togo est de courte durée alors que les observateurs et les populations s’attendaient à un apaisement plus prolongé de la tension sociopolitique dans le pays, au lendemain des recommandations de la CEDEAO. Mais bien au contraire, les positions se radicalisent de plus en plus et les deux camps en confrontation, campent sur leurs positions. Cette fois-ci, c’est l’organisation des futures élections et le travail de la Commission électorale, nationale indépendante (CENI) qui cristallisent les tensions.

L’opposition exigeant le report de tout le processus a appelé au boycott des opérations de recensement qui ont démarré lundi 1er octobre 2018 dans la zone 1 comprenant Lomé et plusieurs préfectures situées dans la partie méridionale du pays. Dans ces conditions, quel est le rôle des professionnels des médias ? Comment devront-ils se comporter et appréhender la situation ?

Tchagnao Arimiyao, président du Conseil national des partons de presse (CONAPP) apporte son éclairage sur toutes ces questions dans une interview accordée à la Deustche Welle.

Lire l’entretien.

Bonjour Tchagnao Arimiyao. Comprenez-vous la position de l’opposition qui appelle au boycott du processus de recensement débuté le 1er octobre dernier ?

Tchagnao Arimiyao : Pour ceux qui connaissent le Togo, ils ne peuvent pas trouver cela surprenant. C’était prévisible. A chaque élection, l’opposition a toujours tout refusé au début et puis à la fin, elle prend le train en marche. Souvenez-vous que le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, le ministre Gilbert Bawara avait entre-temps dit qu’il faut que le train démarre et qu’il est confiant que les gens prendraient le train quand il serait en pleine évolution.

Est-ce que cette décision de l’opposition peut permettre l’organisation d’élections libres et transparentes en décembre prochain ?

Tchagnao Arimiyao : C’était l’une des conditions fondamentales que l’opposition posait. Elle a toujours demandé que la CENI soit recomposée et c’est ce qui vient de leur être offert par le pouvoir. Nous faisons observer que dans tous les pays, ce n’est pas forcément la CENI qui garantit la transparence des élections. En réalité, la CENI ne travaille en faveur de personne. Nous allons voir au bout de cette élection si réellement, c’est la CENI qui garantit la victoire d’un camp sur un autre.

Les gens voulaient une parité au niveau de la CENI. Le pouvoir en place dispose de cinq (05) places en plus de trois (03) qu’il va coopter au niveau des partis extraparlementaires et de la société civile et de la même façon, l’opposition qui a cinq places au niveau des partis parlementaires, va également coopter trois autres personnes au niveau des partis extraparlementaires et de la société civile. Et donc, chaque camp aura huit (08) représentants et je crois que tout est désormais en place pour que tout le monde soit satisfait lorsque les urnes vont finir par donner leur verdict.

Est-ce que vous pensez que cette opposition est prête à affronter le pouvoir dans les urnes ? N’oublions pas qu’elle a passé beaucoup de temps dans la rue à marcher.

Tchagnao Arimiyao : Il y a quelque chose de fondamental qu’il faut souligner. C’est que dans tous les pays on ne crée pas un parti politique pour amuser la gallérie. On crée un parti pour accéder au pouvoir. Certainement on peut manifester lorsqu’il y a des difficultés et des problèmes mais pendant qu’on marche, il ne faut pas oublier d’être sur le terrain parce qu’à la fin. Ce sont les urnes qui vont parler en dernier ressort.

Nous savons que le pouvoir en place discutait avec l’opposition mais il savait que le vrai combat se trouve dans les urnes et travaillait le terrain. Voilà que les gens ont pris leur temps à marcher et ont oublié ce pourquoi ils se sont constitués en partis politique. Dans ce cas il y a des questions que nous sommes en droit de se poser. Est-ce que les gens existent parce qu’ils veulent conquérir le pouvoir ou ils existent pour autre chose ?

En tout cas moi je suis journaliste et donc je n’ai pas à répondre à cette question. Mais je me dis que peut-être cette opposition qui marchait avait à côté, une stratégie qui lui permettait de gagner. Nous attendons les faits et nous ferons le bilan le 20 décembre prochain.

Pensez-vous que ce sont les médiateurs qui ont permis une inflexion de la position de l’opposition ?

Tchagnao Arimiyao : Je ne crois pas que ce soient forcément les médiateurs. Vous auriez constaté qu’avant l’arrivée des médiateurs, les lignes bougeaient déjà. Vous avez parmi la C14 certains partis qui hésitaient à regagner la rue. Ça veut dire que certains avaient commencé par prendre conscience de la situation. Les gens étaient conscients qu’il fallait absolument commencer par explorer la voie des urnes parce que dans un pays démocratique, il n’y a que la voie des urnes qui parle. Les médiateurs ont fait leur boulot, ça il faut le saluer et ils vont continuer par le faire puisque nous n’avons pas encore entrevu le bout du tunnel. Nous connaissons bien notre pays.

Aujourd’hui on peut dire une chose et le soir vous dire son contraire et j’espère que les gens comprendront que, quels que soient nos différends, quel que soit ce que nous ferons, il faut faire en sorte de monter haut le drapeau togolais et qu’on ait la fierté et l’amour pour le Togo, pays pour lequel tous ces acteurs politiques se battent.

Qu’on pense au peuple togolais, qu’il soit du Sud, du Nord, de l’Est ou de l’Ouest a besoin de ce que nous appelons vitalité, on a besoin de développement.

Vous avez été élu début avril, président du CONAPP. En quatre mois d’exercice. Quel est le bilan que vous pouvez dresser?

Tchagnao Arimiyao : Nous avons effectivement été élu président des patrons de presse du Togo et lors de notre campagne, nous l’avons explicitement dit que nous allons nous battre pour la formation des journalistes. Nous avons déjà réalisé à l’actif de notre présidence, un atelier de formation qui a permis de rassembler plusieurs patrons de presse à Kpalimé, ville située à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Lomé. Une rencontre qui nous a permis de former les patrons de presse sur les comportements à adopter avant et pendant les élections comme celles qui sont en train d’arriver.

Nous avons aussi saisi l’occasion pour apprendre les éléments de langage et les comportements que la presse doit avoir pour ne pas ressembler à une radio comme celle des Mille collines au Rwanda.

Donc c’est-à-dire qu’il y a des journalistes togolais qui jettent de l’huile sur le feu ?

Oui mais il faut toujours chercher à apporter ce qu’il faut pour que les journalistes ne contribuent pas à envenimer une situation comme celle que notre pays le Togo était en train de traverser. Nous avons fait cette formation deux semaines après la publication de la feuille de route de la CEDEAO.

Donc nous les journalistes, qui sommes leaders d’opinion, que le peuple suit et observe, nous devons nous former nous-même quand bien même nous maîtrisons déjà les b.a.-ba de notre profession.

C’est ce que nous avons fait à Kpalimé et nous sommes en train déjà de préparer les Journées portes ouvertes de la presse et il y a une formation qui est en vue et qui va permettre à la presse togolaise d’aller à l’école des échanges et d’amitié avec les forces armées togolaises.

Nous avons appris que le gouvernement togolais envisage d’interdire l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires à partir du mois de janvier prochain. Une réaction ?

Tchagnao Arimiyao : C’est une décision que nous saluons en tant que parent d’élèves, nous sommes en train de saluer. Nous tirons chapeau au gouvernement pour avoir pris cette décision. Les portables avec les nouveaux médias et les réseaux sociaux amènent les élèves à s’intéresser à des choses qui ne sont pas forcément liés aux études. En pleine classe, je crois que ces appareils rétrogradent nos enfants, les envoient dans le banditisme.

En tant que président de la plus grande organisation des patrons de presse du Togo, je salue et encourage cette décision et avec tous les membres de mon association, nous nous engageons à accompagner et à veiller à ce que cette décision soit effectivement appliquée par le gouvernement.

Source Deustche Welle

 

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