(©Afreepress, Lomé le 29 juin)-
Le 20 juin dernier, la Chambre judiciaire de la Cour Suprême du Togo avait rendu une décision confirmant l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Lomé rendu le 23 janvier 2012 ordonnant la mise en liberté provisoire de l’homme d’affaires togolais Sow Bertin Agba, contre un cautionnement de 150 millions de F CFA.
Mais neuf jours après la signification à l’Etat du Togo de cette décision, l’accusé demeure toujours entre les mains de la justice « sans motifs ».
Les avocats de l’homme d’affaires, très remontés contre cette situation ont dénoncé ce vendredi, au cours d’une conférence de presse tenue à Lomé, une « détention arbitraire » de leur client et demandé que le Procureur général exécute « promptement cette décision de la Cour Suprême du Togo».
«C’est une affaire qui sera à l’avenir citée dans les cours de droits dans les universités et barreaux du Togo car c’est pour la première fois que la Cour Suprême se prononce sur la question d’une détention préventive et affirme que le Procureur général est irrecevable à former un pourvoi contre un arrêt de mise en liberté provisoire d’un détenu », a indiqué Me Adama Doe-Bruce, membre du conseil de l’homme d’affaires.
Les avocats de M. Agba ont déclaré lors de cette conférence avoir le « sentiment que cette affaire est devenue une affaire d’Etat qui conduit le parquet à commettre de l’arbitraire ».
«M. Agba serait-il devenu alors, on ne sait pour quelles raisons, le prisonnier personnel de la République togolaise et dans quel but ? », s’est interrogé le collège d’avocats.
« Un seul jour passé en prison pour quelqu’un qui a été libéré constitue un abus et nous considérons que Bertin Agba est séquestré par l’Etat du Togo », a renchéri Me Ahlin Komlan, lui aussi membre du conseil de Bertin Agba.
Pour rappel, le richissime homme d’affaires togolais, Sow Bertin Agba est accusé d'avoir escroqué l’homme d'affaires émirati Abass El Youssef dans une affaire rocambolesque de convoitise d’une supposée fortune du Feu Général ivoirien Robert Guéï. Des accusations constamment rejetées par Sow Bertin Agba. Pour les organisations togolaises de défense des droits humains, Sow Bertin Agba est considéré dans cette affaire comme un prisonnier politique.